Exclus du chômage: les CPAS s'attendent à une 2ème vague en février

Dans les bureaux des CPAS, on parle de tristesse, de colère, et surtout de détresse du public et des assistants sociaux.
Dans les bureaux des CPAS, on parle de tristesse, de colère, et surtout de détresse du public et des assistants sociaux. - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

En cette fin janvier, nous avons voulu faire le point sur la question des conditions d’accès aux allocations d’insertion qui se sont sévèrement durcies depuis le début de l’année. Nous sommes donc partis à la rencontre de ceux que l’on appelle aujourd’hui les "exclus du chômage" ainsi que du personnel chargé de les encadrer, pour dresser un premier bilan.

Depuis le 1er janvier, les centres publics d'action sociale doivent faire face à de très nombreuses demandes d'aide. Partout, le nombre de demandes pour les revenus d'intégration sont en hausse, très clairement. Car depuis le 1er janvier, l'accès aux allocations d'insertion s'est sévèrement durci. Elles sont limitées maintenant à trois ans. On les touche sur base des études, sans avoir travaillé, ou pas assez longtemps pour jouir des allocations de chômage complet. Des milliers de chômeurs en sont aujourd'hui privés et donc exclus du chômage.

Nous nous étions déjà rendus au CPAS de Quaregnon en décembre, où on y redoutait l’entrée en vigueur de nouvelles mesures. Deux mois après, qu’en est-il ? La question est en tout cas au centre des préoccupations. C’est bien simple : entre présidents de CPAS, on ne parle plus que de ça. Combien d'exclus du chômage ? Combien de nouvelles demandes de revenus d'intégration sociale ? Et ça énerve Alain Torrekens : "J’ai l’impression qu’on est en train de jouer avec les images Panini, qu’on est à la Coupe du Monde : toi, t’en as 200 ; moi 80 et lui 70… Mais derrière ça, il y a des personnes et c’est chaque fois un cas particulier."

80 personnes ont demandé l'accès au revenu d'intégration sociale ce mois-ci. C'est beaucoup plus que d'habitude, confirme Nicolas Gérin (directeur du service social). "On a des personnes qui n’ont pas travaillé dans une période de référence. D’autres qui ont cherché mais qui n’ont pas trouvé non plus. Et puis on a des cas "anormaux" : des gens qui bien travaillé ces dernières années (en ALE par exemple) mais leurs périodes de travail ne sont pas assimilées par l’ONEM. Ces personnes, tout en ayant travaillé, se retrouvent donc mises au ban de la société. C’est dramatique !"

La directrice du CPAS, Valérie Roland, insiste elle sur une autre réalité : de plus en plus de personnes réclament une aide complémentaire. "De l’aide alimentaire ou pour les frais médicaux ; en énergie aussi, pour se chauffer."

Le CPAS s'attend à un nouvel afflux début février. Au moment où les allocations de chômage sont en principe versées sur les comptes en banque.

L'impact effectif de la limitation des allocations de chômage ne sera cependant connu qu'en février. Cela dit l'office national de l'emploi (ONEM), confirmait il y a quelques jours que la Wallonie est de loin la plus touchée par la nouvelle mesure avec 13 500 personnes qui sont en situation d'exclusion du chômage. Contre à peu près 3200 en Flandre et à Bruxelles.

Charlotte Legrand

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