Excellentes poires dans les vergers cette année, encore faut-il réussir à les écouler

Excellentes poires dans les vergers cette année, encore faut-il réussir à les écouler
Excellentes poires dans les vergers cette année, encore faut-il réussir à les écouler - © Tous droits réservés

Depuis quelques jours, les arboriculteurs ont lancé la récolte des poires. Le rendement est bon sans être exceptionnel. La qualité, par contre, rassure les producteurs mais encore faut-il qu’ils parviennent à les écouler sur un marché européen et mondial très concurrentiel.

Le geste sûr, Louise a une cadence impressionnante. L’une après l’autre, les poires sont détachées de l’arbre avec dextérité et son œil expert n’y trompe pas, les poires sont d’excellente facture cette année : "Elle est bien ferme, verte et de grande taille, c’est un très bon cru", explique-t-elle du haut de ses douze années d’expérience de cueilleuse.

Cru 2018 bien meilleur que 2017

Et Nicolas Goffin, l’exploitant de cette ferme de Rosoux à la frontière avec la Flandre, plantée en plein milieu de la Hesbaye, terre de la culture fruitière belge, ne boude pas son plaisir tant l’année précédente a été mauvaise : "L’année dernière, la sécheresse a été bien pire. Ici, même s’il y a eu deux jours de chaleurs extrêmes, il y a eu suffisamment de pluie pour obtenir de bons fruits. Les arbres eux-mêmes sont encore bien plus verts qu’à la même époque l’année dernière". Le taux de sucre est bon, la poire est bien dure et donc Nicolas est confiant quant à la conservation des fruits dans les frigos géants.

Dans les parcelles, une quarantaine de travailleurs s’activent, son téléphone, lui, sonne sans cesse car Nicolas Goffin ne peut se contenter de récolter, il faut vendre et spéculer car les prix sont très bas ces dernières années : "Pour rentrer dans mes frais, espérer une petite marge, je dois les vendre à 0.60 euro/kg sinon ça ne sert à rien. Depuis l’embargo Russe, nous devons trouver des débouchés pour l’équivalent de 40% de notre production annuelle et les prix restent bas  à cause de la surproduction". Heureusement pour les producteurs belges, la concurrence italienne devrait produire moins cette année, de quoi exporter sur les marchés voisins : "On exporte la grande majorité de ce que nous produisons. Seule une partie est consommée directement en Belgique et avec la production transalpine en baisse, nous pouvons viser l’Allemagne ou l’Angleterre pour les petits calibres."

Le Brexit qui se profile en octobre fait à nouveau craindre le pire. Si ce marché se ferme également, Nicolas Goffin espère développer de nouveaux débouchés comme l’Asie avec les deux géants que sont l’Inde et la Chine. Les exportations vers ces deux pays démarrent mais en restent à leurs balbutiements.

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