Examens UCLouvain : un hall d'athlétisme pour un seul étudiant ce vendredi après-midi

Examens UCLouvain: un hall d'athlétisme pour un seul étudiant ce vendredi après-midi
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Examens UCLouvain: un hall d'athlétisme pour un seul étudiant ce vendredi après-midi - © RTBF jch

Il devait se sentir bien seul, ce vendredi, dans l’immense hall d’athlétisme de Louvain-la-Neuve. Seul pour un total de 200 places disponibles, les yeux rivés sur son écran d’ordinateur, le jeune homme avait choisi de passer son examen à distance dans ce lieu impressionnant.

Ce hall sportif est un des deux sites mis à disposition par l’UCLouvain (avec la collaboration du centre sportif du Blocry et de l'Aula Magna) pour les étudiants dans l’incapacité de passer chez eux leurs examens en ligne, en raison de problèmes informatiques ou d’un environnement trop bruyant.

Selon l’UCLouvain, que ce soit dans le hall d’athlétisme indoor (200 places disponibles) ou dans la salle de l’Aula Magna (également 200 places), à peine une centaine d’étudiants se sont finalement déplacés pendant cette première semaine de juin.

Examens à domicile

"Je pense que beaucoup d’étudiants étaient encore dans l’incertitude, avant la session", explique un collaborateur chargé d’encadrer les étudiants dans le hall. "Ils se sont inscrits par précaution pour passer leur examen dans cette infrastructure aménagée pour eux. C’était une sorte de back-up pour eux. Un lieu alternatif au kot ou à la maison. Mais au final, je pense que la plupart d’entre eux ont décidé de rester chez eux pour passer ces examens en ligne".

Ce vendredi après-midi, il y avait donc un staff logistique, un informaticien et deux surveillantes pour un seul étudiant dans le hall d’athlétisme. "Ils étaient 51 inscrits, mais un seul s’est déplacé", souligne une des surveillantes. "Nous avions même prévu trois personnes pour surveiller. Mais vu la situation, nous nous sommes limitées à deux personnes. Et c’est vrai que pour nous, c’est très calme, ce vendredi après-midi ! La semaine a d’ailleurs été assez calme aussi."

Pas de stress non plus pour l’informaticien chargé de veiller au bon déroulement de l’épreuve sur place. "Il n’y a actuellement pas de problème informatique !"

Cette faible fréquentation du hall a également facilité la tâche des personnes chargées de faire respecter la distanciation sociale et les règles d’hygiène. "Aucune dégradation non plus au niveau du tout nouveau revêtement de la piste d’athlétisme", nous a confié Marc Jeanmoye, directeur du complexe sportif du Blocry.

Défi logistique

Face aux récentes critiques relatives aux tests à blanc pour les examens en ligne, l’université rappelle qu’elle avait prévu ces deux sites afin de venir en aide aux étudiants en difficulté chez eux. "Le personnel et les autorités ont énormément travaillé pour trouver des solutions en cas de problèmes", souligne la responsable du service presse de l’UCLouvain, Isabelle Decoster.

"En dépit de quelques difficultés techniques ou informatiques, la plupart des examens en ligne se sont bien déroulés. Nous avons eu environ 350 examens, pour cette première semaine de juin. Au total, 2200 examens (200.000 copies) sont prévus, la grande majorité à distance. Je comprends qu’il y ait eu du stress pour certains étudiants. Mais nous avons fait le maximum pour venir en aide à ceux qui rencontraient des difficultés. En proposant par exemple un help desk ou en aménageant ces deux sites informatisés à Louvain-la-Neuve, ainsi que d’autres salles sur nos autres campus".

Récemment, l’université avait rappelé le côté inédit de cette session. Avec de nombreux défis organisationnels et techniques à relever.

L’avis du vice-recteur

Pour Philippe Hiligsmann, vice-recteur aux affaires étudiantes de l’UCLouvain, cette première semaine s’est globalement bien passée. "Au niveau technique, seulement 1% des étudiant(e) s a rencontré des problèmes, notamment pour pouvoir se connecter à la plateforme d’examens". Bon nombre d’étudiants nous l’ont affirmé récemment, l’utilisation des plateformes d’examens, surtout avec la fonction anti-triche, a suscité beaucoup de stress. Certaines facultés ont d'ailleurs rencontré d'importants incidents informatiques, il y a quelques jours, contraignant les autorités à procéder à des reports ou à trouver des alternatives d'évaluation.  

"Je comprends tout à fait le stress vécu par les étudiants", commente le vice-recteur. "Le stress est légitime et est inhérent à toute session d’examen. Mais il est accentué par les conditions inédites de cette session et par le contexte de crise sanitaire. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place toute une série de mesures, comme les tests à blanc, le help desk et ces salles aménagées".

Etudiants mitigés

Au terme de cette première véritable semaine d’examens, l’avis des étudiants que nous avons rencontrés à Louvain-la-Neuve, est nettement plus nuancé. Bon nombre d’entre eux estiment que la session a bien débuté. Mieux que lors des examens de début de session. Et en tout cas, beaucoup mieux que lors des tests à blanc.

Mais d’autres étudiants, et ils ne sont pas rares, ont à nouveau dénoncé des problèmes techniques et informatiques. "Une étudiante en géographie a eu des problèmes techniques pour son examen d’anglais via une plateforme. Elle n’a pas pu passer son audition", explique un témoin.


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Autre grief, selon certains étudiants : des modalités d’examen modifiées et un délai de réponse trop court. "Je trouve que c’est quand même assez rapide", estime une étudiante à la sortie d’une épreuve. "J’ai eu un examen avec des limites de temps par question. C’est assez stressant, mais il faut faire avec", explique un jeune homme. "Ces examens en ligne ont généré du stress et de l’anxiété", souligne un autre néolouvaniste.

Quant au fameux système anti-triche, souvent critiqué, il a également irrité une partie des étudiants. "Ce qui est perturbant, c’est de voir le petit témoin vert à côté de sa caméra. On a l’impression que dès qu’on lève la tête, on va recevoir un mail nous accusant d’avoir triché". Et cette autre utilisatrice d’ajouter : "Cela peut aussi être pénalisant pour ceux qui ne trichent pas !"

Risque de recours

A plusieurs reprises, ces derniers jours, des étudiants ont brandi la menace de recours contre l’université, estimant faire les frais d’une session d’examens en ligne inadaptée. "Je garde toutes les preuves des problèmes informatiques que j’ai rencontrés", souligne une étudiante. "Mais je sais que l’université fera tout pour rendre ces recours impossibles".

Du côté du vice-recteur aux affaires étudiantes, on tempère. "Nous verrons bien", affirme Philippe Hiligsmann. "Il pourrait y avoir des recours. Mais en fonction des résultats et de la bienveillance des professeurs, cela pourrait aussi être différent. Nous évaluerons la situation à la fin de la session". Quelle que soit l’issue de cette session, cette fin d’année académique restera sans doute dans les mémoires de tous.

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