Euthanasie: les funérailles de Kevin, un jeune handicapé, ont lieu ce mardi

Le calvaire de Kévin Chabot s'est achevé jeudi dernier dans un service de soins palliatifs du CHR de Namur.
Le calvaire de Kévin Chabot s'est achevé jeudi dernier dans un service de soins palliatifs du CHR de Namur. - © Bia Bouquet

La mère de Kevin, qui habite Hélécine, avait demandé l'euthanasie voici quelques mois. La santé de son fils de 23 ans s'était dégradée au cours des dernières années, entraînant selon elle de grandes souffrances physiques sans aucune perspective de traitement. Mais vu ses handicaps, le jeune homme était incapable d'exprimer lui-même la demande d'euthanasie, comme la loi belge l'exige. Il est finalement décédé vendredi dernier en soins palliatifs dans un hôpital namurois.

Victime d'une hémorragie cérébrale à la naissance, Kevin Chabot était aveugle, muet, paralysé des jambes, et il souffrait de graves complications de croissance. Son espérance de vie était très limitée. Et selon sa maman, il souffrait beaucoup depuis quelques mois, au point de souhaiter mourir : "J’étais couchée à côté de lui dans son lit, je n’ai pas prononcé le mot "euthanasie" (car il ne l’aurait pas compris) mais je lui ai dit qu’il pouvait lâcher prise. Que, s’il voulait, il pouvait partir. Et là, Kevin a poussé un soupir. De par son expression, le non-verbal, j’ai compris qu’il voulait aussi aller dans ce sens-là."

Mais les médecins ont refusé l'euthanasie car la loi exige que la demande émane du principal intéressé (voir ci-dessous). Aux yeux du législateur belge, le cas de Kevin Chabot est comparable à celui d'un enfant de moins 5 ans ou à celui d'un handicapé mental profond, dont le discernement n'est pas suffisant, ou encore des personnes en état végétatif.

"Il ne faut pas élargir la loi"

Pour Chantal Chabot, qui a reçu beaucoup de soutien sur Facebook, la loi relative à l'euthanasie ne va pas assez loin. Pourtant, elle est très claire, nous dit Jacqueline Herremans (présidente de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité). " Elle prévoit ceci : la demande doit être formulée par la personne elle-même mais la forme d’expression, elle, n’est pas précisée par la loi. "

Cela peut donc être un tiers qui, "sous la dictée de la personne, écrira la volonté de celle-ci de demander l’euthanasie. Il faut donc que la procédure soit bien claire, volontaire, réfléchie et réitérée."

Pour reprendre le cas de Kevin, est-il dès lors acceptable – au regard de la loi – de laisser la maman le soin d’interpréter les souhaits de Kevin ? "Je pense qu’on ne peut pas suivre cette voie, estime Jacqueline Herremans. On ne peut pas écrire une règle générale à partir de ce cas particulier. D’autres personnes seraient peut-être bien moins intentionnées que la maman de Kevin."

En attendant, le calvaire de Kevin s'est achevé jeudi dernier dans un service de soins palliatifs du CHR de Namur. Les médecins, après avoir constaté ses souffrances et l'inéluctabilité du décès à brève échéance, ont administré une sédation terminale au jeune homme.

François Louis

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