Euthanasie au CHR de Namur : les médecins réclament la réhabilitation du docteur Laurent Carlier

Tensions au CHR de Namur : les médecins n'acceptent pas la suspension du chef de service des soins palliatifs.
Tensions au CHR de Namur : les médecins n'acceptent pas la suspension du chef de service des soins palliatifs. - © RTBF

Puisque le docteur Laurent Carlier a respecté la loi sur l'euthanasie, puisqu'il n'a fait que son devoir de médecin, il faut le réintégrer dans le service des soins palliatifs. C'est en substance le point de vue exprimé par les médecins du CHR Sambre et Meuse dans un courrier adressé cette semaine au conseil d'administration de l'hôpital. "Il a été retenu que notre confrère n'a commis aucune faute médicale, qu'il a procédé dans le strict cadre de la loi sur l'euthanasie et que ses actions n'ont été guidées que par son éthique médicale", plaident les médecins. Ce courrier fait suite à une assemblée générale des médecins, qui a voté à l'unanimité pour une réintégration immédiate du docteur Carlier dans l'équipe mobile de soins palliatifs, l'unité EMASC.

Depuis le 15 juillet dernier, le docteur Laurent Carlier est suspendu du service suite à une euthanasie pratiquée sur un patient de 77 ans. La fille du patient avait tenté de s'opposer à cette euthanasie et avait obtenu en urgence, quelques jours avant la date fatidique, une décision de justice suspendant la procédure. Elle estimait que son père n'était plus en possession de tous ses moyens intellectuels et qu'il ne pouvait donc exprimer un consentement éclairé. Le docteur Laurent Carlier a estimé que ce recours était contraire à la loi belge de 2002 sur l'euthanasie et que les souffrances de son patient était trop grandes pour repousser encore l'échéance. L'euthanasie a eu lieu le 17 juin dernier.

La fille du patient dépose plainte

Le soir même, la fille s'est rendue à la police pour déposer plainte. Le Parquet a ouvert une enquête pour assassinat, c'est-à-dire un meurtre avec préméditation. Mais jusqu'ici toutes les instances qui se sont penchées sur le dossier ont conclu que la loi sur l'euthanasie avait été respectée : volonté de mourir consciente, répétée et sans pression extérieure; grande souffrance et situation médicale sans issue; ainsi que l'avis de trois médecins. La direction de l'hôpital elle-même, qui a écarté Laurent Carlier du service, évoque une "mesure d'ordre" en attendant les conclusions de l'enquête pénale, et pas une sanction disciplinaire. Laurent Carlier est d'ailleurs autorisé à exercer son métier de médecin au sein de l'hôpital mais dans un autre service (celui des urgences en l'occurrence).

Pour les médecins du CHR de Namur ce n'est pas suffisant. Au-delà du cas particulier du docteur Laurent Carlier, un certain nombre d'entre eux estime que c'est le principe même de l'euthanasie qui est attaqué si, au moindre conflit familial, les médecins reculent par crainte de représailles judiciaires, disciplinaires et professionnelles.

 

 

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