Etterbeek réglemente la mendicité dans ses rues commerçantes

La commune d'Etterbeek a adopté un règlement qui limite à quatre le nombre de mendiants maximum par artère commerciale
La commune d'Etterbeek a adopté un règlement qui limite à quatre le nombre de mendiants maximum par artère commerciale - © Belga

La commune d’Etterbeek veut lutter contre la mendicité dans les noyaux commerçants. Elle ne compte pas interdire la présence de mendiants mais plutôt la limiter rue par rue. Le conseil communal vient d'adopter un nouveau règlement.

''Quatre mendiants maximum par artère commerciale'', voilà en résumé le règlement adopté par la commune mais pour le bourgmestre libéral Vincent De Wolf, l’objectif n’est pas de réaliser une chasse aux mendiants. ''C’est dur à prouver mais on constate que certains mendiants, notamment handicapés et infirmes sont déposés en voiture le matin et ramenés le soir. On constate également qu’il y a là une exploitation et on essaye d’endiguer ça. On y est arrivés par un règlement qui vient d’être voté. Ce règlement n’interdit évidemment pas la mendicité puisqu’elle est permise mais il la limite en nombre par tronçon de rue, de façon telle que les commerçants, les habitants et les usagers ne soient pas empêchés dans leurs activités normales. Il faut que la mendicité normale puisse se dérouler sans trouble de l’ordre public.''

Il ajoute: ''Dans le cas concret de la rue des Tongres par exemple, cela veut dire qu'à l'heure actuelle, les agents de quartier connaissent pratiquement tous les mendiants par leur prénom. Lorsqu’ils n’agressent pas les passants, lorsqu’ils ne troublent pas l’ordre public et lorsqu’ils ne sont pas ivres, on les laisse faire. Cependant, on a voté un système de deux mendiants par tronçon de rue de part et d’autre. Dans le cas de la rue de Tongres, ça en fait quatre.''

Existe-t-il une mendicité normale et une autre anormale ? Pour le Forum bruxellois de Lutte contre la Pauvreté, le problème ne doit pas se poser comme ça. À Bruxelles, une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et ce type de mesure ne réglera rien.

Pour Nicolas De Kuyssche, responsable de projet au forum, le risque est tout simplement de criminaliser la pauvreté. ''Les signes de pauvreté sont dérangeants. Ils nous dérangent tous en tant que citoyens, en tant que habitants du quartier, et en tant que voisins. Ces signes extérieurs de la pauvreté, il faut les gérer, il faut les soigner mais il ne faut certainement pas les criminaliser.’’

À l’heure actuelle, ce nouveau règlement communal n’est pas encore d’application. Il doit encore être approuvé par la région.

Geoffroy Fabré avec Philippe Carlot

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK