Espèces invasives: comment elles bouleversent notre biodiversité

L'écrevisse de Louisianne fait partie de la liste d'espèces exotiques envahissantes de préoccupation européenne
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L'écrevisse de Louisianne fait partie de la liste d'espèces exotiques envahissantes de préoccupation européenne - © Tous droits réservés

17 espèces végétales et animales viennent de s’ajouter à la liste d’espèces exotiques envahissantes de préoccupation européenne. Cette liste européenne compte désormais 66 espèces, dont la plupart ne sont pas encore très présentes en Europe mais dont la prolifération pourrait causer d’importantes nuisances à l’environnement. Introduites par l’homme hors de leur environnement d’origine, les espèces invasives constituent "une menace importante pour la biodiversité et les services fournis par les écosystèmes (comme la production végétale, l’épuration de l’eau ou la pollinisation)", selon le SPF Santé Publique.

En Wallonie par exemple, dans la Meuse, l’arrivée d’espèces invasives a profondément bouleversé la biodiversité.

Une palourde asiatique en surnombre

Il y en a des dizaines de milliers par mètres carrés. Les corbicules, des palourdes asiatiques, ont littéralement envahi nos cours d’eau. "Elles ont été importées d’Asie pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour être cultivées et consommées. Mais aussi pour leur capacité à filtrer l’eau : les aquariophiles ont importé ces palourdes pour nettoyer leur eau. On suspecte aussi que les larves aient été importées via le réservoir des bateaux", explique Martin Vastrade, chercheur à l’Université de Namur. Le problème, c’est que cette palourde se reproduit à une vitesse impressionnante. Une femelle peut pondre jusqu’à un million d’œufs par an. Résultat : la corbicule s’est largement répandue, notamment dans la Meuse.

Une biodiversité chamboulée

La forte présence de cette palourde asiatique a largement impacté la biodiversité de la Meuse. "La corbicule se nourrit de phytoplancton, qui est la base de la chaîne alimentaire. Résultat : cela a un impact sur toute la chaîne alimentaire.", précise Martin Vastrade. La population de poissons a diminué dans la Meuse. Et ce n’est pas tout… " On a remarqué que l’eau s’est clarifiée suite à la diminution de phytoplancton, elle est plus transparente qu’avant", ajoute le chercheur.

Et elle n’est pas la seule espèce invasive à avoir pris ses quartiers dans les eaux wallonnes. Certaines ont même chassé des espèces natives. "Les écrevisses américaines se sont multipliées chez nous, mais elles sont porteuses d’un champignon qui est létal pour notre écrevisse native", explique Jonathan Marescaux, collaborateur scientifique à l’Université de Namur. "Aujourd’hui, il ne reste que quelques petites populations d’écrevisses natives, mais elles sont dans des étangs protégés".

Préserver les espèces indigènes

Les espèces invasives ne laissent parfois plus de place aux espèces indigènes. Alors pour lutter contre leur expansion, le Service Public de Wallonie tente d’agir en amont : "D’abord on est très vigilants sur l’arrivée de certaines espèces. On a mis en place un système d’alerte permettant de renseigner des arrivées suspectes, sur le site internet biodiversite.wallonie.be qui est accessible à tous. Le plus important, c’est d’agir le plus vite possible", explique Sandrine Liégeois, qui travaille pour la direction de la conservation de la nature et des espaces verts au SPW. "Pour les espèces déjà installées, on opère un contrôle pour les contenir et éviter qu’elles se dispersent", conclut-elle.

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