Epuisée, Pauline arrête le maraîchage bio deux ans après s'être lancée

Epuisée, Pauline arrête le maraîchage deux ans après s'est lancée
Epuisée, Pauline arrête le maraîchage deux ans après s'est lancée - © Pauline Huyberechts

Le maraîchage reste sa passion. Pourtant, deux ans à peine après le lancement de son activité à Boneffe, Pauline Huyberechts jette l’éponge. Pas assez rentable, trop épuisant moralement et physiquement, elle préfère arrêter les frais.

Pauline cultive sur deux hectares. Des légumes. Par milliers. Avec envie, passion et l’aide de bénévoles régulièrement. Deux années passées à s’agrandir, investir et chercher des solutions pour rendre son activité viable : "La vente directe ne fonctionne pas très bien surtout dans ma région où nous sommes déjà nombreux. J’ai donc dû me rabattre sur Bruxelles pour écouler mes légumes. Camionnette, diesel, trois allers-retours jusque-là par semaine pour moi ce qui exige d’avoir d’autres personnes pour s’occuper du champ pendant ce temps-là… ".

Des erreurs de gestion ?

Un investissement personnel permanent pour un salaire de misère. De l’argent qu’elle mettait de côté en vivant chez ses parents. Elle a introduit un dossier d’aide à l’installation auprès de l’Union européenne qu’elle a obtenu. Elle bénéficie d'un terrain prêté par un propriétaire. Pourtant, impossible de dégager de l’argent, de rendre l’activité rentable, tout juste arrive-t-elle à garder la tête hors de l'eau: "J’ai passé mon temps à me demander pourquoi ça ne fonctionne pas pour moi alors que l’on voit partout de nouveaux maraîchers qui s’installent… Mais que ce soit en maraîchage ou en grandes cultures, en bio ou en conventionnel… En vente directe ou non… Nous sommes tous dans la même galère. On est dépendants de problèmes qui ne devraient pas exister et on devrait être rentable ce qui n’est absolument pas le cas pour l’instant en Belgique. J’ai fait le constat que j’étais à 100% dépendante des aides de l’Europe et de l’aide des bénévoles. Le maraîchage, c'est à la mode mais pour un cultivateur qui s'installe, il y en a un qui disparaît. Mais ça on en parle peu... Ce n’est pas comme ça que j’envisage une activité rentable. Quand on s’y donne corps et âme et que ça ne fonctionne pas… Il faut se poser les bonnes questions. Quand on a même plus de vie personnelle, cela en vaut-il encore la peine ?"

Pour preuve, Pauline explique avoir reçu de très nombreux messages de soutien de confrères depuis l’annonce de la fin de son activité. Elle a investi tout son temps en travaillant 40 heures par semaine l’hiver, très souvent le double pendant l’été. Elle a demandé l’aide de bénévoles, de ses parents, de sa famille jusqu’à ce que son corps et son esprit lui disent "stop" : "Ça influence beaucoup plus de personne que ce qu’on imagine. Malgré l’arrivée de mon employée depuis septembre, on n’arrive toujours pas à quelque chose de vivable et confortable. Quand tout va dans une direction, il faut savoir écouter. Mes proches aussi m’ont dit ne plus me reconnaître et que mon travail était en train de me détruire. Je préfère arrêter maintenant plutôt que d’aller trop loin".

Un travail épuisant. Trop ? Même pour les plus passionnés ? Pauline est en tout cas soulagée depuis la prise de la décision "comme mon entourage". Elle continue d’écouler ses marchandises déjà cultivées dans sa parcelle via ses paniers de légumes et la vente directe le lundi à son magasin à Boneffe. Elle espère vendre un maximum afin déjà "d’essayer de rembourser mes crédits d’ici la fin de l’année".

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