Entendre des voix: pas tous schizos

Entre 4 et 10% de la population entendrait des voix. Certains le vivent bien, d'autres en souffrent. A l'occasion de la journée mondiale de l'entente des voix, un collectif propose une autre manière de prendre en charge ces patients, moins médicalisée. 

Nicolas a écrit un slam sur les entendeurs de voix. Il a voulu mettre des mots sur des situations vécues par certains de ces proches. Raphaël peut en témoigner: "J'entends des voix pratiquement toute l'année. C'est comme si c'était un appel téléphonique qui dure tout le temps et qui n'arrête jamais. Il faut savoir vivre avec ces voix, parfois elles sont supportables, insupportables et des fois, très plaisantes. Des fois, ce sont des hommes; des fois, ce sont des femmes. Elles me font soit des compliments, soit des critiques. Au début, j'ai eu très très dur, je ne comprenais pas pourquoi cela m'arrivait à moi, pourquoi je vivais cela, pourquoi j'avais ce sentiment-là, de tout le temps me sentir juger, observer partout où je me trouve sur la terre". 

Pas tous fous

L'origine de cette pathologie peut trouver sa source dans la schizophrénie mais pas seulement. Antoine Maisin est psychiatre: "Il y a beaucoup de gens qui entendent des voix qui ont eu affaire à la psychiatrie mais il y en a d'autres manières de comprendre les choses: un traumatisme vécu à un moment donné par exemple. Et puis, il y en a qui pensent que c'est quelque chose comme ça qui vient, on ne sait pas très bien d'où et avec lequel il faut composer".

Pour tenter de venir en aide à ces personnes, le projet 107 a été mis sur pied. Des équipes psychiatriques mobiles se rendent au domicile des usagers de la santé mentale. Accompagnés par du personnel médical, mais pas seulement. Cécile est pair aidante, c'est-à-dire qu'elle fait profiter d'autres malades de son expérience: "Mon professeur de yoga m'a permis de me libérer de mes émotions. Cela m'a permis d'avoir un contrôle sur les voix et de pouvoir les éradiquer". Aujourd'hui, elle se rend chez les entendeurs de voix. l'objectif est de démédicaliser ces patients, comme Raphaël: "Je suis toujours dans un hôpital de jour. J'ai des traitements qui ne fonctionnent pas forcément. On n'arrête pas d'augmenter mes médicaments pour essayer de faire disparaître mes voix, mais ça ne marche pas, les voix sont toujours là." 

Des ateliers qui associent le théâtre, la musique ou l'écriture permettent du coup aux entendeurs de voix de se sentir écoutés. 

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