Enseignement: mais qu'est donc devenu l'EPA, ce "cours de rien"?

Mais qu’est devenu le « cours de rien » ?
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Mais qu’est devenu le « cours de rien » ? - © RTBF

C’était le feuilleton scolaire de l’an dernier et voilà que l’on n'en parle quasi plus. Le "cours de rien", vous souvenez-vous de ce vilain surnom donné à l’activité organisée pour les élèves dispensés de cours de religion ou de morale non confessionnelle ? Dispense à laquelle les autorise un arrêt de la Cour constitutionnelle.

L’année scolaire se termine et où en sommes-nous? 3948 élèves ont sollicité une dispense en primaire, 4056 en secondaire. Comment les écoles se sont-elles débrouillées pour leur organiser un EPA (encadrement pédagogique alternatif)? Elles disposaient de quatre mois pour le mettre en place et certaines ont pris tout ce temps-là. D’autres ont réagi rapidement.

Moi je retire ma caquette de prof

Pas évident, la première difficulté étant de caser deux fois 50 minutes dans l’horaire, mais pas en même temps que les cours de morale et de religion, les "cours de rien" étant prioritairement dispensés par les enseignants de ces matières qui perdaient des périodes. Résultat, l’EPA s’est souvent retrouvé casé à des heures improbables, parfois le mercredi après-midi ou en toute dernière heure du vendredi…

C’est à cette heure-là que nous rencontrons les élèves de 2ème, 4ème et 5ème secondaire de l’Athénée de Dour.

Leur enseignante, Marie-Noëlle Rombaut, par ailleurs professeur de morale annonce la couleur: "moi je retire ma caquette de prof, le vendredi, il n’y a pas ce rapport à une classe, à un savoir à enseigner". Car ici, le contenu de l’EPA vient des élèves. L’Athénée de Dour a fait le choix d’organiser une espèce d’atelier philosophique dont les jeunes choisissent les thématiques. Ils proposent, ils votent, ils se documentent, ils discutent. Et le résultat semble satisfaire la plupart des élèves présents. Rares sont ceux qui veulent retourner l’an prochain en religion ou en morale.

Pourquoi ont-ils choisi de ne pas choisir ?

Quand on demande à ces jeunes pourquoi ils n’ont pas choisi morale ou religion, ils répondent souvent que c’est par curiosité de la nouveauté. " Je voulais choisir pour voir un peu, dit Matteo, un élève de deuxième – on disait que c’était un cours de rien, je voulais voir si c’était vrai ou pas ? " S’il l’espérait, ce jeune homme a dû être déçu car l’année scolaire a été bien remplie. Entre les récoltes de fonds pour la recherche, une expo photo avec l’asbl "Annoncer la couleur", des rencontres, des correspondances avec de jeunes étrangers, des visions de documentaires et surtout de très longs débats… l’année n’a pas été vide. Et ce sont les jeunes eux-mêmes qui l’ont remplie. " Les professeurs n’étaient pas obligés de nous enseigner une certaine matière - explique Leslie - ils nous dirigeaient et nous on choisissait, c’était cool". Killian, lui, a apprécié le fait de ne pas dépendre d’un programme, d’aller chercher l’information et de ne pas la recevoir déjà imprimée sur des feuilles de cours : "On a travaillé sur le djihadisme, sur le racisme…, ça a fait sortir pas mal de préjugés".

Et l’an prochain ?

Si la plupart des jeunes de cette classe de l’Athénée de Dour sont prêts à se réinscrire dans cette classe en septembre prochain, ce sera certainement pour la dernière fois. L’EPA sera remplacé par un cours de citoyenneté.

Une heure pour ceux qui choisissent morale ou religion, deux heures pour ceux qui demandent une dispense de ces cours philosophiques.

Cela sera d’application dès septembre 2016 en primaire mais seulement en septembre 2017 pour le secondaire. En attendant, il y aura encore un peu d’EPA.

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