Engis: le projet d'évacuation du terril du Hénâ a été présenté aux riverains

Vue aérienne du terril
Vue aérienne du terril - © Electrabel, DR

A Engis, Electrabel a présenté aux riverains son projet d'évacuation du Terril du Hénâ. Le producteur d'électricité a introduit une demande de permis pour évacuer les cendres volantes que la société a stockées sur le site pendant 20 ans. Les résidus proviennent de la houille utilisée à l'époque pour alimenter la centrale électrique des Awirs. Sur une vingtaine d'hectares, cela représente 2,3 millions de tonnes. Mais le terril est instable malgré de nombreux travaux de renforcement. Durant les travaux, deux camions et une pelle hydraulique dégageront 2000 tonnes de cendres par jour, du lundi au vendredi.

Les déchets seront évacués par une bande transporteuse d'un kilomètre 7 jusqu'à la Meuse pour rejoindre par péniche une cimenterie. Pour Loïc Biot, le représentant d'Electrabel, les nuisances seront réduites au maximum: "Cette bande sera hermétique pour éviter toute poussière et on va construire autour des murs anti-bruit aux endroits adéquats. Les charrois seront limités à un camion par semaine".

Mais ce qui inquiète plus certains riverains, c'est la menace que constituent les travaux d'évacuation d'un terril que l'on sait instable. Riverain aux Awirs, Joseph Butera habite en face du crassier: "J'estime que la ceinture qui a été faite est suffisante. Et si on commence à aller dessus, avec la trépidation des engins de transport qui vont s'y effectuer pendant de nombreuses années, des conditions météorologiques exceptionnelles (une drache, un tremblement de terre ou une chute d'avion par exemple), tout cela pourrait, pendant l'évacuation, causer son effondrement".

Pour Electrabel, les mesures de sécurité ont été prévues pour les travaux d'évacuation: "Le terril continue de bouger. Il se déplace de quelques millimètres par an. Et la seule solution pérenne pour avoir une situation sécurisée totale, c'est l'évacuation du terril".

Les travaux seront longs: 15 ans. Mais le faible charroi sur place limite les risques d'éboulement. Coût de l'opération, selon Electrabel: plusieurs dizaine de millions d'euros.

Erik Dagonnier

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