Enghien: une ASBL pour que les enfants un peu différents soient des élèves comme les autres

Théotime et une stagiaire en ergothérapie pour lui permettre de suivre les cours comme les autres
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Théotime et une stagiaire en ergothérapie pour lui permettre de suivre les cours comme les autres - © Marie-Anne Brilot

On appelle cela "l’inclusion scolaire" : permettre à des enfants porteurs d’un handicap de continuer à étudier dans l’enseignement ordinaire et ne pas être systématiquement envoyés dans l’enseignement spécialisé. Alors que le nouveau Pacte d’excellence prévoit plus d’écoles inclusives, sur le terrain, on en est loin.

L’ASBL "On souffle dans ton dos" est née il y a quelques mois seulement et pourtant, la liste des demandes d’aide s’allonge. Christine Dufour est à l’origine de ce projet. "Ma petite fille Lisette est en maternelle, dans une école ordinaire, c’est une enfant qui a un gros retard de développement accompagné de traits autistiques".

Et pour Christine, le choix de laisser sa fille dans l’ordinaire n’a fait l’objet d’aucun doute. "Je n’ai rien évidemment contre l’enseignement spécial, il a sa place mais je pense que beaucoup d’enfants le fréquentant auraient leur place dans l’ordinaire moyennant des adaptations, un accompagnement spécifique, une formation des enseignants à la base. Je pense que l'école doit s'adapter à l'enfant et pas l'inverse." 

La Belgique en retard sur l'inclusion scolaire

Un peu plus de 4000 enfants bénéficient du décret intégration en Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est encore trop peu par rapport à d’autres pays bien plus avancés en cette matière. L’ASBL "On souffle dans ton dos" n’est pas subsidiée pour l’instant, alors "nous fonctionnons uniquement sur base des bonnes volontés", poursuit Christine Dufour. "Nos bénévoles consacrent quelques heures par semaine à une dizaine d’enfants actuellement, nous voudrions plus d’accompagnement, mais ce n’est pas possible."

Ce jour-là, nous retrouvons Théotime dans sa classe de 5e primaire à l’école Saint-Nicolas d’Enghien. Le jeune garçon souffre de dyspraxie et bénéficie du soutien de Marine, une stagiaire en ergothérapie. "Grâce à du matériel adapté et des petits outils techniques, je l’aide à respecter les consignes et à rester concentré aussi car il a beaucoup de mal avec le bruit", explique-t-elle. 

Théotime a des difficultés pour tenir son crayon, retranscrire ses cours, passer du tableau à la feuille est compliqué aussi, alors on a trouvé des petits trucs : une tablette pour l’aider à photographier la matière au tableau avant de la recopier à son rythme, une latte anti-dérapante pour lui permettre de tracer de belles lignes, des bics spéciaux  et un coussin d’air pour l’aider à rester bien droit sur sa chaise, voilà les quelques aménagements nécessaires à Théotime.

Il a du mal, mais il est intelligent et il comprend tout

Pour sa maman, Cathy, il n'était pas question non plus de transférer Théotime dans l'enseignement spécial : "Il a du mal, mais il est intelligent et il comprend tout, c'est la réalisation qui peine. Pour les autres enfants de la classe, c'est aussi un plus. Par exemple, au début il avait pas mal de difficultés à faire son cartable correctement, il oubliait toujours quelque chose. Eh bien, ils ont mis un partenariat en place, un copain fait son cartable avec lui. C'est tout un projet de classe et c'est tant mieux." Les parents en sont convaincus, leurs enfants sont tirés vers le haut et ils progressent.     

Il n'y a pas que les moyens financiers 

Rien de bien extraordinaire, même si d’autres handicaps nécessiteraient plus d’investissements. Mais pour Pascal Kiesecoms, le directeur de l’école Saint-Nicolas qui a accepté tout de suite la présence de Théotime, l’argent n’est pas tout. "La bienveillance par exemple, l’empathie, l’écoute, le rapport que l’on peut avoir vis-à-vis de l’élève, ce ne sont pas des moyens supplémentaires, c’est un état d’esprit dans lequel on s’inscrit ou pas. Et donc moi, je crois aussi qu’il y a moyen de mettre des choses en place dans les classes sans trop de moyens supplémentaires."

Mais le combat de Christine Dufour et des bénévoles qui l’entourent, c’est de décrocher des subsides qui permettraient d’aller plus loin dans ce travail d’intégration des enfants à besoins plus spécifiques. L’école inclusive est un droit en Belgique, notre pays a ratifié en 2009 la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, toute personne en situation de handicap doit pouvoir bénéficier d’aménagements raisonnables dans l’enseignement.                                 

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