Enghien: le rassemblement fédéral des patros attire 8500 jeunes

Deux couleurs sont à l'honneur, ce samedi, dans le parc d'Enghien: le jaune et le vert, les couleurs du patro. Le mouvement de jeunesse organisait un grand rassemblement fédéral. 80% des patros de Wallonie et de Bruxelles y ont envoyé des représentants.

Cela fait deux ans que les bénévoles préparent "Atouria", cette grande journée d'animation. Deux ans pour concevoir...200 jeux différents, testés sur un public XXL. Les patronnés, enfants comme animateurs, viennent de partout: d'Arlon, de Bruxelles, de Tournai, de Charleroi, de Wavre... "Nous avons aussi des patros de Communauté Germanophone. les jeux ont été traduits en allemande pour qu'ils puissent participer aussi", explique Dornaz Beigi, la responsable communication.

 

Comme Obélix...!

Quelles sont les motivations de tous ces jeunes? Pourquoi rejoindre un mouvement de jeunesse comme le patro, en 2017? Nous arpentons les allées du parc, avec ces questions....et croisons pas mal de disciples d'Obélix. Le patro serait un peu comme la potion magique. "Je suis tombé dedans quand j'étais petit", nous explique un grand gaillard, animateur depuis 2 ans. Ses parents aussi étaient dans le mouvement, c'est même là qu'ils se sont rencontrés. Des histoires comme celle-ci, il y en a plein. "L'esprit de famille est très très marqué au Patro,c'est ça que j'apprécie", raconte Nicolas. Il aime avoir la même bande de potes depuis de nombreuses années, avec qui il a vécu un tas d'expériences, partagé de nombreux souvenirs. "Un exemple, entre nous on continue de se raconter des blagues qui remontent à l'époque des chevaliers, donc quand j'avais 10-11 ans! Les bêtises que j'ai pu faire, on continue d'en parler. Ca crée des liens très profonds entre nous. J'aurais du mal d'arrêter, le patro, c'est devenu une famille pour moi".

Etre chef d'équipe, ça s'apprend

Il apprécie aussi les responsabilités que lui confère son rôle d'animateur, les possibilités de se former aussi, grâce à la régionale des patros. Chez certains patronnés aussi, le sens des responsabilités se remarque. "Je suis une des plus grandes de ma section, je fais toujours bien attention quand on traverse par exemple, pour que tout le monde soit en sécurité", précise une patronnée de Seneffe. L'une de ses copines aime beaucoup être "chef d'équipe" lors des "grands jeux". A 18 ans, Louise est déjà présidente de son patro. Lorsqu'elle a passé un entretien pour un job, l'employeur a tout de suite noté son expérience dans les mouvements de jeunesse. "ce n'est pas ma motivation première, mais c'est sûr, ça peut aider sur un CV! Mais si j'anime c'est avant tout pour le sourire des enfants, et rendre ce que j'ai reçu, quand j'étais petite". "Animer nous permet d'acquérir des compétences qu'on n'aurait pas en restant chez nous, en jouant à la play-station. On apprend à gérer des groupes d'enfants, on crée des jeux, on prépare des camps, tout ça peut nous aider pour plus tard", complète Xavier, "qui veut être maçon plus tard, et pourquoi pas...chef d'équipe"!

Un loisir accessible

Ont-ils toujours été aussi enthousiaste? "Au début, pas du tout, je n'aimais pas venir au patro", admet Maxime. Il y a 4 ou 5 ans, ses parents l'ont inscrit "de force". "J'aimais pas, on n'était pas beaucoup dans ma section. Puis ça a changé, j'ai commencé à me faire des copains, j'ai changé de groupe, on était plus nombreux, et depuis j'adore!" Même son de cloche chez la plupart d'entre-eux. Ce sont souvent les parents qui font le premier pas. Et parfois pour des raisons financières, aussi. "C'est vraiment pas cher, comparativement à d'autres activités", explique un animateur de Bruxelles. "Pour une quarantaine d'euros, vous avez l'inscription à l'année et l'assurance comprise, on fait vraiment notre max pour que le camp coûte le minimum.". "Ca reste accessible pour des familles défavorisées", et clairement, on le remarque dans nos inscrits, au fur et à mesure des années, le nombre de familles défavorisées augmente", analyse une animatrice de Seneffe. "C'est bien aussi, ça introduit de la mixité dans les groupes, ça apprend aux enfants à aller vers les autres, à s'ouvrir".

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