Engager des intérimaires après avoir licencié? Le personnel de Ferblatil voit rouge

Les travailleurs de Ferblatil ont placé mercredi un barrage filtrant à l’entrée de l’usine (illustration).
Les travailleurs de Ferblatil ont placé mercredi un barrage filtrant à l’entrée de l’usine (illustration). - © ERIC LALMAND - BELGA

Ils n’étaient pas contents ce mercredi les travailleurs de Ferblatil ! Juste après la signature définitive de l'accord social et industriel, la direction liégeoise du groupe ArcelorMittal veut recourir au travail intérimaire. Le personnel a alors mis en place un barrage filtrant à l'entrée de l'usine. La direction, elle, explique que c'est par manque de travailleurs disponibles qu'elle a envisagé cette possibilité.

Engager des intérimaires pour faire le travail d'ouvriers qui viennent d'être licenciés, ça fait désordre et ça donne aux travailleurs le sentiment d'avoir trinqué pour rien. C'est ce qui vient de se passer chez Ferblatil. ArcelorMittal avait besoin, d'urgence, de quarante travailleurs pour emballer des bobines d'acier. Il y a une réserve d'ouvriers. Des gens licenciés par le groupe et placés dans une réserve de compétences. ArcelorMittal a d'abord fait appel à ces travailleurs-là. 35 d'entre eux ont refusé de retourner à leurs anciens postes de travail. Si vous aviez encore besoin de nous, il ne fallait pas nous licencier, ont-ils répondu.

Alors, la direction a voulu embaucher des intérimaires. Et c'est là que le personnel de Ferblatil a réagi par des barrages filtrants. De son côté, la direction a réagi ce mercredi après-midi dans un communiqué : "Le recours à l'intérim est actuellement indispensable car la société UDIL créée par la Région pour assurer le maintien des compétences ne peut actuellement mettre à la disposition de l'entreprise que 18 personnes".

Licenciés un jour, rappelés dès le lendemain, les travailleurs d'ArcelorMittal retirent de toute cette histoire le sentiment d'une certaine improvisation.

François Braibant

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