Enfant maltraité à St-Josse: l'opposition veut des explications

Le Bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir, prié de clarifier certains aspects du dossier
Le Bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir, prié de clarifier certains aspects du dossier - © ERIC VIDAL - BELGA

L'opposition (Ecolo-Groen-MR + le conseiller indépendant Thierry Balsat) au conseil communal de Saint-Josse (en région bruxelloise) réclame un conseil communal extraordinaire, pour faire toute la lumière sur le dossier politique connexe à un cas de maltraitance d'enfants.

A la fin du mois de décembre, une équipe de secouristes intervient in extremis pour sauver un enfant de 6 ans qui vient de passer 15 heures, dans le froid, en pyjama, sur le balcon de l’appartement où ils vivent (à la rue de l'Alliance, 22), en guise de punition pour s'être servi à manger sans autorisation. Sa sœur jumelle aussi présente des signes de mauvais traitements. Le beau-père et la mère sont aussitôt interpelés, privés de liberté. Ils seront inculpés pour torture sur mineurs. Un dossier de maltraitance – hélas- suffisamment banal, pour ne pas retenir davantage l’attention des médias.

Sauf que… le beau-père maltraitant (et en aveux) est en réalité le fils d’une conseillère communale, l’ex-échevine socialiste Dorah Ilunga. Et… c’est précisément elle, qui est domiciliée à l’appartement où se sont produits les faits de maltraitance. Une adresse qui s’avère fictive donc, puisqu’elle n’y habite pas. Le Bourgmestre Emir Kir a, du coup, rapidement chargé son administration de faire la lumière et d’établir un rapport sur cette affaire de possible fausse adresse.

Emir Kir avait marié le couple maltraitant

C’est donc sans surprise que lundi dernier, au conseil communal, les élus de l’opposition ont interpelé le Bourgmestre Emir Kir, à ce sujet. Une séance à huis clos au terme de laquelle, affirment ces élus, Emir Kir aurait " omis " de préciser certains éléments, comme le fait que le Bourgmestre avait marié le couple maltraitant, quelques semaines avant les faits. Et que la jeune épouse s’était vue rejeter sa demande de domiciliation au 22 rue de l’Alliance, alors que le mariage avait pourtant déjà été prononcé.  

Pourquoi ? Pourquoi cette jeune femme n’aurait-elle pas été autorisée par les services communaux à se domicilier chez son mari, avec qui elle vit ? Pourquoi Emir Kir n’a pas jugé bon de parler du mariage aux conseillers communaux ? Les élus MR-Ecolo-Indépendant regrettent l'opacité qui entoure cette affaire. Et souhaitent poser ces questions au plus vite, lors d’un conseil communal extraordinaire. Quant à Emir Kir, lui dit tomber des nues. Le Bourgmestre affirme avoir mis le temps avant de faire le lien entre les jeunes époux qu’il a mariés et le couple maltraitant. Cela expliquerait qu'il ait pu déclarer à la presse que la mère et les enfants étaient des inconnus pour la commune. Pour le reste, rappelle Emir Kir, une enquête judiciaire est cours pour des faits d’une extrême gravité. Laissons la justice faire son travail.

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