En voie d'extinction, le tétra lyre sera réintroduit dans les Fagnes

Dans les Fagnes, les coqs de bruyère se comptent aujourd'hui sur les doigts d'une main.
Dans les Fagnes, les coqs de bruyère se comptent aujourd'hui sur les doigts d'une main. - ©

Avec sa crête rouge, son plumage bleuté et son éventail blanc en guise de queue, il est un symbole des Fagnes. Le tétra lyre, aussi appelé petit coq de bruyère est pourtant en voie de disparition. Pour ces oiseaux, c'est le moment de la reproduction, une période propice à leur comptage. Scientifiques et amis de la nature sont en train de dénombrer les mâles, l'indicateur le plus fiable car en ce moment, ils restent statiques sur leur territoire. Mais les résultats de ce comptage sont peu encourageants.

Dominique Moons arpente les passerelles en bois de la réserve naturelle des Fagnes. Ce garde auxiliaire est chargé, entre autres, de protéger le coq de bruyère. "Nous avons délimité certaines zones, qui sont interdites au public, sans l'accompagnement d'un guide mandaté", explique le gardien. "Elles sont interdites du 15 mars au 15 juillet, pour permettre au coq de bruyère de se reproduire et de faire son nid". 

Mais la vigilance de Dominique Moons ne suffit pas. En 2012, il y avait encore 13 mâles dans les Fagnes. Cette année, il n'y en aurait plus qu'un ou deux, au maximum. Pascal Poncin est spécialiste du comportement animal à l'ULg et s'intéresse de très près à la situation du coq de Bruyères. Il est catégorique : "On approche de l'extinction".

Des printemps trop pluvieux

Dans les années 60, le petit coq de bruyère a déjà failli disparaitre. Mais l'interdiction de la chasse avait permis son sauvetage. Dans les années 70, l'oiseau se porte bien et prolifère dans les Fagnes trop bien même, pour un territoire limité. Alors comment en est-on arrivé là ? Pour Pascal Poncin, les éléments d'explication sont nombreux. "Il y a des évènements fortuits comme l'incendie de 2011. On sait aussi que certains facteurs influencent l'évolution des populations : le dérangement, l'augmentation des prédateurs ou le climat. Au mois de juin, les poussins qui viennent d'éclore sont particulièrement sensibles à une forte pluviosité qui cause de la mortalité"

Des oiseaux importés de Scandinavie

Chez nos voisins allemands et néerlandais, la situation n'est pas meilleure. Plus au nord par contre, dans les pays scandinaves, ces oiseaux sont trop nombreux. A tel point, qu'ils sont parfois chassés. Un début de solution peut-être pour nos Fagnes wallonnes puisqu'il est question de faire venir quelques uns de ces animaux chez nous. Une réintroduction pourrait être tentée dans les mois qui viennent.

Il y a urgence. En agissant vite, le patrimoine génétique de ces nouveaux arrivants pourrait encore se mélanger avec celui des coqs indigènes. Le budget de l'opération est estimé à un demi million d'euros sur 4 ou 5 ans. La fondation Pairi Daiza s'est déjà portée candidate pour soutenir cette initiative.

 

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