En pleine restructuration, Ryanair menace de retirer la moitié de ses avions basés à Charleroi

Ryanair met la pression et menace de retirer sept de ses avions basés à Charleroi et deux basés à Zaventem.
Ryanair met la pression et menace de retirer sept de ses avions basés à Charleroi et deux basés à Zaventem. - © ROBIN TOWNSEND - EPA

La compagnie low cost Ryanair va-t-elle retirer sept de ses avions basés à Charleroi et deux basés à Zaventem ? Elle menace de le faire alors que les discussions autour de son plan de restructuration en Belgique sont presque au point mort.

Une réunion de conciliation est prévue ce vendredi. Cette réunion devrait se dérouler dans un climat très tendu. Ryanair veut supprimer 170 emplois parmi le personnel de cabine. Les licenciements devraient débuter dès ce 23 décembre. Cette mesure passe très mal auprès des syndicats alors que la compagnie irlandaise continue d’engager dans d’autres pays notamment en Espagne. " Nous craignons que le personnel qui sera recruté là-bas ne remplace le personnel belge licencié ", souligne Yves Lambot, permanent CNE. " C’est d’autant plus interpellant que les personnes qui risquent de perdre leur boulot son actuellement en grande majorité en chômage économique et qu’elles sont déjà en temps normal rémunérées au salaire minimum. Elles ne coûtent donc rien à Ryanair qui va en revanche devoir payer des indemnités pour s’en séparer. "

Si la compagnie Ryanair importe des travailleurs étrangers, elle devra par ailleurs se soumettre à la législation belge. Dans le passé, ça n’a pas toujours été le cas mais la Cour de justice européenne a tranché : quand le personnel commence et termine sa journée sur une base, c’est la législation du pays sur lequel elle se trouve qui est appliquée.

Dans ce contexte d’incertitude Ryanair a donc rajouté une couche en menaçant de retirer certains avions basés à Charleroi et Bruxelles. L’obsession de la compagnie serait surtout de mettre un maximum de pression pour réduire les salaires du personnel qu’il maintiendrait en Belgique. " Ça me semble peu crédible", estime Yves Lambot. " C’est une façon de faire peur mais Charleroi est une base très importante pour la compagnie et si elle devait décider de retirer certains avions, je ne sais pas trop où elle pourrait les envoyer et à qui elle pourrait éventuellement les vendre en pleine crise? Par ailleurs Michael O’Leary le PDG estime que la reprise se fera en juillet. Il aura donc besoin de tous ses avions. "

Si la compagnie menace de réduire sa flotte, elle n’envisage par contre pas pour l’instant de diminuer le nombre de pilotes. Ceux-ci ont accepté de réduire leurs salaires contre la promesse qu’il n’y ait pas de réduction d’effectifs. Mais s’il y a moins d’avions basés à Charleroi avec quel appareil vont-ils voler ? Les syndicats se posent la question ; une question de plus dans une restructuration où Les incohérences se multiplient.

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