En Flandre, les inscriptions en secondaire créent querelles politiques et frustration parentale

En Flandre, les inscriptions en secondaire créent querelles politiques et frustration parentale
En Flandre, les inscriptions en secondaire créent querelles politiques et frustration parentale - © JASPER JACOBS - BELGA

On peut le dire: la Flandre est dans une sacrée galère au niveau des inscriptions scolaires. Alors qu’on a encore en tête les images de parents campant par un froid glacial devant des écoles du Limbourg ou du Brabant flamand, il semble que l’alternative proposée à Gand est loin de faire l’affaire.

Cette année, la ville a choisi de suivre un nouveau système, élaboré à Anvers. Il s’agit en gros d'un tirage au sort numérique, considéré comme plus équitable. L’objectif: offrir à tous les élèves du secondaire la chance d’aller dans l’école de leur choix. Le système s’oppose à celui du " premier arrivé, premier servi ", pratiqué dans les plus petites villes. Car tous les enfants n’ont pas des parents qui peuvent camper plusieurs jours devant une école, voire payer quelqu’un pour le faire. 

Gand, la première ville flamande à tester le nouveau système

Elle était presque fière, l’échevine gantoise de l’enseignement, en annonçant que 87% des enfants avaient obtenu l’école de leur choix. Le problème, c’est que les 13% restants ont le sentiment d’être laissés pour compte. Certains ont hérité de leur 2e ou 3e choix, alors que des centaines d’autres ont atterri sur des listes d’attente.

La situation a parfois mené à de petits drames, comme pour ces jumeaux qui se sont retrouvés inscrits dans deux écoles différentes, ou pour ces jeunes sportifs qui, après avoir passé un examen d’admission, ne pourront finalement pas rejoindre l’école de football de leurs rêves. Les parents sont évidemment mécontents. Ils ont été très nombreux à témoigner dans les médias. Certains envisagent même de porter l’affaire en justice. Tous dénoncent un problème apparent d’algorithme qui a engendré une grande frustration, car si votre fils a eu la place que ma fille voulait, et vice versa, impossible d’interchanger: le système ne l’autorise pas. 

Cela ne fait pas l’affaire des responsables politiques

La ministre CD&V de l’enseignement, Hilde Crevits, et l’échevine écologiste gantoise Elke Decruynaere se sont rejeté la responsabilité. La N-VA en a profité pour déclaré que la liberté de choisir avait été bafouée. Sur le terrain, un constat clair se dégage: les écoles manquent de place. Pour y remédier, Hilde Crevits a promis d’investir 150 millions d’euros.

Mais un autre problème se profile déjà: les nouvelles écoles devront trouver des enseignants, alors que le secteur connait une pénurie. En attendant, ce mercredi, le Parlement flamand se penche sur le nouveau décret d’inscription qui doit uniformiser le système dans toute la Flandre. Mais là aussi le dossier bloque à cause d’un procédé qui doit garantir la mixité dans les écoles, un procédé dont la N-VA ne veut pas. Bref, on est pas sortis de l’auberge, d’autant qu’à la fin du mois, c’est Anvers qui lancera à son tour les inscriptions au secondaire.

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