En Belgique, environ un adulte sur dix ne sait pas écrire dans sa langue maternelle

"(...) quand on est dans une école quand on ne sait pas lire et écrire, on a peur de dire un mot de travers et que tout le monde commence à rigoler", témoigne Aziza
"(...) quand on est dans une école quand on ne sait pas lire et écrire, on a peur de dire un mot de travers et que tout le monde commence à rigoler", témoigne Aziza - © EPA

Le 8 septembre, c'est la journée internationale de l'alphabétisation. On estime qu'environ un adulte sur dix ne maîtrise pas l'écriture dans sa langue maternelle. Le chiffre vaut pour toute la Belgique.

Il y a cinq ans, une boule à l'estomac, Aziza a poussé la porte de Lire et Ecrire, à Anderlecht. "J’avais peur parce que, quand on est dans une école quand on ne sait pas lire et écrire, on a peur de dire un mot de travers et que tout le monde commence à rigoler, témoigne-t-elle. C’est gênant dans la classe."

Au fil des années, Aziza a dompté la feuille et le stylo. L'angoisse s'est doucement apaisée. En plus, l'apprentissage de la lecture et de l’écriture lui ont permis de parfaire son français. Elle raconte, satisfaite: "C’est génial de pouvoir parler en français alors que ce n’est pas notre langue maternelle."

La langue maternelle, c'est une des grandes particularités à Bruxelles. Abdel Hamid Ghanoui, le directeur de la locale de Lire et Ecrire, explique: "Il y a toute une diversité au niveau des nationalités et des origines. Le public belge, on n’arrive pas à le toucher. Il ne dépasse pas les 2% de participants. Il reste très faible. Or, nous savons que ce public existe." Les associations ne parviennent donc plus à toucher tout un pan de la population.

De son côté, Aziza, elle, est allée jusqu'au bout du parcours. A présent, elle se lance dans un grand défi. "Je vais passer mon CEB et je suis fière de moi!", annonce-t-elle.

Hélène Maquet – Delphine Wilputte

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