Batibouw: En 30 ans, le métier de marbrier a complètement changé

Un stagiaire au travail à la marbrerie
Un stagiaire au travail à la marbrerie - © RTBF

A l'occasion de Batibouw, on s'intéresse à l'évolution des métiers de la construction. Par exemple, un marbrier il y a plusieurs années construisait surtout des cheminées ou des escaliers avec pour outils principaux un marteau et un burin. Aujourd'hui, les réalisations sont avant tout fonctionnelles comme des plans de travail pour les cuisines et la technologie a fait son apparition.

À Jumet dans la région de Charleroi, cinq personnes travaillent la pierre au quotidien dans la marbrerie Tendance Pierre. Philippe Romain, le plus ancien, a 34 ans de métier derrière lui. Il se souvient de ses débuts avec nostalgie : "A l'époque, il n'y avait presque aucune machine ni aucun engin de levage. Les camions débarquaient les pierres directement dans l'entrée et on devait tout déplacer à la main sur de petits chariots. C'était beaucoup plus fatigant, mais on réalisait de belles choses".

L'arrivée de la technologie

Si le métier de marbrier reste physique aujourd'hui, de nombreuses machines sont apparues pour débiter ou affiner la pierre. Dans la marbrerie de Jumet, un appareil numérique flambant neuf réalise du travail de précision avec une rapidité à peine croyable : 15 minutes pour une découpe au lieu d'une journée à la main. Quand le nouveau patron a racheté l'entreprise il y a 4 ans, il a tout de suite investi dans ce nouvel outil nécessaire selon lui : "C'était essentiel de pouvoir faciliter le travail de la pierre, de le rendre plus rapide et aussi plus précis. Cette nouvelle technologie rend aussi possible le travail de nouveaux matériaux qui apparaissent dans notre métier. On est passé du marbre au granit, puis au quartz et aujourd'hui à la céramique. Ces matériaux sont toujours plus durs et il faut de grosses machines pour pouvoir les découper", explique Jean-François André.

La main de l'homme toujours nécessaire

Malgré tout, il faut encore des hommes pour diriger ces machines. A Jumet, c'est Adrien Van Hecke qui s'en occupe, lui qui était encore en apprentissage l'année dernière. Il y a d'ailleurs un autre jeune apprenti et un stagiaire dans l'entreprise qui est en recherche de main d’œuvre qualifiée. L'ancien, Philippe, peut encore rectifier des détails quand les machines montrent leurs limites. Un vrai plaisir pour cette homme qui regrette un peu le contact avec la matière.

Sarah Heinderyckx

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