Elle passe "ses vacances" au centre fermé de Steenokkerzeel

Madame K avait un visa touristique en ordre, mais elle s'est retrouvée au nouveau Centre fermé pour étrangers refoulés de Steenokkerzeel.
Madame K avait un visa touristique en ordre, mais elle s'est retrouvée au nouveau Centre fermé pour étrangers refoulés de Steenokkerzeel. - © ERIC LALMAND - BELGA

Le visa touristique de Myriam K, une citoyenne camerounaise, était pourtant en ordre, délivré par l'ambassade de Belgique à Yaoundé. Madame avait réservé un hôtel à Bruxelles pour les quatre premiers jours de son voyage. Elle avait son billet d'avion retour, 1500 euros en liquide, une carte de banque... Et une connaissance, un citoyen belge résidant à Incourt, l'attendait à l'aéroport à son arrivée.

Mais ce n'était manifestement pas suffisant aux yeux des douaniers belges. Pourquoi cette femme de 35 ans voyage-t-elle seule, sans sa famille ? Pourquoi n'a-t-elle aucun guide touristique dans ses valises ? Pourquoi répond-elle de manière évasive quand les policiers lui demande ce qu'elle compte faire après les quatre premiers jours en Belgique ? Pour la police des frontières, le motif touristique est "suspect". 

Quelques heures après l'atterrissage de son avion, Madame K est conduite au centre fermé de Steenokkerzeel (Caricole). C'est de là qu'elle intente, avec un avocat pro deo, un recours en urgence devant le Conseil du contentieux des étrangers. L'arrêt tombe quelques jours plus tard, le 14 septembre. Madame K est déboutée : "motif touristique suspect" !

Madame K aurait pu contester cette décision devant le Conseil d'Etat. Elle a préféré prendre son vol retour pour le Cameroun deux jours plus tard. De toute façon, son visa allait expirer.

Un visa touristique qui n'est désormais plus le précieux sésame ouvrant les portes de la Belgique, quel que soit le motif réel de la visite. Madame K, qui aura passé douze jours de vacances en centre fermé, l'a appris à ses dépens.

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