Élever des insectes à la maison ? "Simple comme un potager ou un poulailler"

Élever des insectes à la maison ? "Simple comme un potager ou un poulailler"
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Élever des insectes à la maison ? "Simple comme un potager ou un poulailler" - © Tous droits réservés

Une petite boite en plastique blanc trône sur le plan de travail de la cuisine, à côté de la machine à café et une pile d'assiettes. Sous une fine moustiquaire, des centaines de vers de farine grouillent vigoureusement. "Oui, ça bouge beaucoup ! Les larves n'aiment pas trop la lumière et essayent de se réfugier dans l'obscurité", explique Laurent Braquet, habitant de Havelange (province de Namur). Dès qu'il en dispose en quantité suffisante, il les intègre dans différentes préparations culinaires : "Des cookies, des gâteaux, des pâtes… On me demande souvent comment je les tue. C'est très simple : je les endors au congélateur, puis je les broie pour obtenir une fine poudre que j'utilise comme une farine classique".

Cet enseignant s'est engagé dans cette pratique par conviction écologique et suite à des discussions avec ses élèves : "Ils étaient en pleine marche pour le climat et avaient envie de faire bouger les choses. J'ai réalisé que les insectes permettaient de produire des protéines de façon beaucoup plus respectueuse de l'environnement. Si on le compare avec l'élevage de bétail, l'élevage d'insectes nécessite sept à huit fois moins d'espace et ne consomme pratiquement pas d'eau. Pour produire un kilo de protéine d'insectes, il faut à peine plus d'un kilo de céréales alors qu'on est dans un rapport x5 ou x10 pour la volaille et le bœuf".

Un kit d'élevage pour particuliers

Convaincu à titre personnel, Laurent Braquet a voulu permettre à d'autres de se lancer, eux-aussi, dans cette aventure un peu folle. Via sa société Nutri Green Planet, il est l'un des seuls en Belgique à commercialiser un kit d'élevage pour particuliers. Celui-ci comprend trois boites en plastique avec couvercles et moustiquaire, un paquet de substrat et une poignée de larves pour démarrer l'élevage. "La moustiquaire c'est surtout pour rassurer les éleveurs", sourit-il, "il s'agit de ténébrions meuniers (tenebrio molitor) qui, quel que soit leur stade d'évolution, ne volent jamais donc il n'y a pas de risque de les voir s'envoler".

Selon lui, élever des vers de farine chez soi serait un moyen peu contraignant de diversifier et donc d'améliorer son alimentation : "Il ne faut pas faire grand-chose, juste leur donner quelques morceaux de légumes par semaine. Ça peut être vraiment très intéressant pour un ménage, car comme c'est vous qui les avez produites, vous savez que ce sont des protéines de qualité. En plus, vous les avez à disposition en permanence sans devoir vous déplacer. Un peu comme un potager ou un poulailler, ça permet d'être plus autonome".

Pour l'instant, l'essentiel de ses commandes viennent de clients français, le marché belge étant encore frileux vis-à-vis de l'entomophagie, la consommation d'insectes par l'être humain. Laurent Braquet en est bien conscient. Les vers de farine, surtout vivants, peuvent susciter de la répulsion chez les consommateurs. "Ça ne fait effectivement pas partie de notre culture et ça ne le sera sans doute jamais", reconnait-il même s'il ne désespère pas convaincre progressivement, "il faut y aller en douceur, le faire d'abord pour soi et un peu pour la planète. Aux personnes qui hésitent, je leur dirais d'oser se lancer, car c'est toujours le premier pas qui est le plus difficile". 

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