Elections régionales à Bruxelles : le CRISP tire les enseignements du scrutin

Le Parlement bruxellois en action
Le Parlement bruxellois en action - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Les élections régionales et fédérales du 25 mai ont livré leur verdict. Comme à son habitude, le Centre de Recherche et d'Analyse Socio-Politiques (CRISP) passe au crible les résultats livrés par les urnes. Deux tendances se dégagent en région bruxelloise : fragmentation des forces politiques du côté francophone et augmentation du nombre de voix pour les partis néerlandophones.

29 listes se sont présentées aux suffrages des électeurs bruxellois. Ce n'est pas un record: il y en avait 32 en 2009, mais c'est davantage que lors de toutes les élections régionales précédentes. Dans le collège électoral francophone, le scrutin se caractérise par un plus grand morcellement des partis politiques en présence. En 2009, trois partis franchissaient la barrière des 20% (MR, PS et Ecolo). Ils ne sont plus que deux (PS et MR) à atteindre ce seuil en 2014. Cette fragmentation peut s'expliquer d'une part par l'éclatement du MR (divorce du FDF en septembre 2012) et par l'émergence du PTB-GO d'autre part.

Côté néerlandophone, le CD&V réalise son plus mauvais score historique depuis la création de la Région bruxelloise. Les démocrates-chrétiens ne sont plus que le cinquième parti dans le collège électoral flamand. En revanche, l'ensemble des partis flamands ont drainé davantage de suffrages que lors des scrutins précédents. 88,4% des voix échoient aux listes francophones, contre 11,6% aux listes flamandes. A l'exception des régionales de 1999, c'est la première fois que la "part de marché" des partis francophones diminue lors de ce type d'élections.

L'influence du seuil électoral et du groupement de listes

Depuis les élections de 2004, deux mécanismes tempèrent le principe démocratique "un homme, une voix" en région bruxelloise, outre le système de représentation parlementaire garantie à la minorité flamande (assurée de compter 17 députés au PRB, quelle que soit sa proportion de l'électorat bruxellois) : le seuil électoral de 5% et le groupement de listes. Le seuil électoral a pour objectif d'éviter une trop grande fragmentation de la réprésentation politique bruxelloise; le second mécanisme était destiné à empêcher le Vlaams Belang d'obtenir à lui seul la majorité absolue dans le collège électoral flamand en permettant à toutes les autres listes de se grouper pour atteindre plus facilement le seuil électoral et dliuer l'influence du parti d'extrême droite. Le groupement de listes existe également du côté francophone. Jusqu'ici, le groupement de listes n'avait encore exercé aucune influence sur la répartition des sièges. Cette fois, le mécanisme a permis au PTB-Go d'obtenir quatre élus en se groupant avec Pro Bruxsel, BUB, Rassemblement R et le Parti Pirate.

Quant au seuil électoral, il a joué triplement en mai 2014, privant Debout les Belges, le Parti Populaire et la liste Islam d'un siège qu'auraient alors perdu Ecolo, le FDF et le PTB-Go. Enfin, les élections régionales du 25 mai confirment la tendance à l'abstention plus élevée dans les cantons où la population jouit d'un statut socio-économique faible. C'est dans le canton de Bruxelles (qui se compose de la seule Ville de Bruxelles) que l'abstention se révèle la plus élevée avec 18,4%.

P. Carlot

 

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