Elections : et si Schaerbeek, Evere et Saint-Josse fusionnaient?

Schaerbeek, Saint-Josse et Evere : un sixième du territoire de la Région bruxelloise et près de 200 000 habitants.
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Schaerbeek, Saint-Josse et Evere : un sixième du territoire de la Région bruxelloise et près de 200 000 habitants. - © RTBF

C'est la proposition de Georges Verzin. Dans un livre tout juste sorti des presses, la tête de liste MR à Schaerbeek a une vision pour l'avenir. Celle de réunir, sur base volontaire, ces trois communes du Nord de Bruxelles en une seule entité de près de 200 000 habitants : "un juste équilibre entre centralisation et proximité", estime-t-il.

La future méga-commune, plus peuplée que Bruxelles-Ville, serait calquée sur la zone de police et couvrirait un sixième du territoire de la Région bruxelloise.

Je propose de créer un ensemble urbain cohérent

L'élu de l'opposition schaerbeekoise décèle dans ces trois communes "trois parties de villes très différentes", mais complémentaires. D'un côté Saint-Josse, "riche en bureaux et en hôtels, mais pauvre en termes de capacité contributive vu sa population trop peu diversifiée". De l'autre, Evere, que Georges Verzin décrit comme un "vase d'expansion économique" où tend à s'exiler la classe moyenne schaerbeekoise. Et au milieu, Schaerbeek, sa commune, toujours fracturée entre quartiers aisés et défavorisés.

La fusion, prédit-il, permettrait "d'élargir l'assiette fiscale et de diminuer l'impôt tout en augmentant son rendement." Outre cet argument fiscal, le libéral évoque des économies d'échelle via le regroupement de services, en s'appuyant et en amplifiant les synergies déjà existantes entre institutions culturelles. 

Georges Verzin voit aussi dans cette fusion l'occasion de mettre en échec "la logique de la N-VA qui veut fusionner toutes les communes et faire un grand Bruxelles. Je pense que les francophones bruxellois doivent avoir le courage de dire qu'on peut aussi, nous-mêmes, balayer devant notre porte et créer dans un certain nombre de communes des synergies qui permettent de réunir des territoires homogènes."

L'échelle éveroise est la bonne. Schaerbeek est déjà trop grande

Dans la commune voisine d'Evere, c'est peu dire que le bourgmestre n'est pas emballé par ce projet. "Pour moi, c'est trop grand, analyse Pierre Muylle (PS). J'ai souvent cette question : "Mais Monsieur, il fait sale dans ma rue, venez me voir." Sur Evere, je peux encore le faire. Je ne pense pas que le bourgmestre de Schaerbeek a le temps..."  

A quelques kilomètres de là, son homologue de Saint-Josse abonde dans ce sens. "Éloigner le citoyen du niveau de pouvoir le plus proche est une lourde erreur, tranche Emir Kir (PS). Quand vous interrogez les Bruxellois, ils connaissent surtout leur commune. C'est le lieu de proximité où l'on peut résoudre les problèmes. Il faut des communes à tailles humaines. "

Quand on dépasse une masse critique de 60 000 habitants, cela devient très compliqué

Emir Kir tacle au passage une certaine vision flamande qui consisterait à unifier les 19 communes bruxelloises, sur le modèle d'Anvers. "On peut comparer Bruxelles et Anvers, souvent cité en exemple. Regardez leur niveau de criminalité. Nos résultats sont meilleurs à Bruxelles car nous sommes bien articulés entre une Région forte, six zones de police et 19 communes qui sont vraiment opérationnelles.

Reste l'argument des économies d'échelle. Caduc, lui aussi, selon Pierre Muylle. "Nous sommes dans un monde 3.0, pose le maïeur d'Evere. Les économies d'échelle, c'est là qu'elles sont. Dans cinq ans, les services qui auraient pu être recentralisés par cette fusion, pourront rester décentralisés par le biais de l'utilisation des moyens informatiques."

Mon livre est une vision, pas un programme politique

Parions que Georges Verzin ne sera pas étonné de ces réactions plus que mitigées. "La classe politique est-elle prête dans les trois communes? Aujourd'hui, je ne pense pas. Mais c'est une perspective, car on ne tiendra plus des années avec 19 communes à Bruxelles."

Et la tête de liste du MR schaerbeekois d'espérer qu'un débat s'ouvre après les élections : "il faut prendre de la hauteur. Penser au-delà des baronnies des uns et des autres, dans l'intérêt de la population des trois communes."

En un an, c'est le deuxième projet de fusion de communes bruxelloises à sortir des cartons, après celui - vite enterré - entre Auderghem et Watermael-Boitsfort.

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