Elections communales: dur, dur, la fin d'un mandat !

Les négociations pour former une majorité communale se poursuivent dans plusieurs communes bruxelloises (Molenbeek, Saint-Gilles, Auderghem, Woluwé-Saint-Lambert). Mais dans les autres communes, la messe est dite: un accord est conclu, et certains élus sont rejetés dans l'opposition. Les anciens échevins (au moins ceux qui ne siègent pas dans un parlement) doivent se reconvertir.

A la ville de Bruxelles, où le MR quitte le collège pour laisser la place aux Ecolo, l'échevin de l'urbanisme Geoffroy Coomans de Brachène ne le cache pas: "C'est difficile. On a tout donné, et en une fois tout s'arrête, on n'est plus rien."

Un boulot à temps plein

L'homme est un jeune père de famille de 41 ans. Avant de s'engager dans la ville politique à temps plein, voici 6 ans, il travaillait comme indépendant dans l'immobilier et la communication. "Aujourd'hui, redémarrer, c'est d'office redémarrer de rien. Il n'y a plus de clientèle". Impossible, explique l'échevin sortant, de conserver une vie professionnelle, à la Ville de Bruxelles: "Mon job c'était aussi de m'occuper de 500 personnes dans l'administration. C'était un double temps plein: je me levais à 8h et je me couchais entre 3 et 5 heures du matin".

Dominique Notte, conseiller provincial PS à Namur et engagé en politique depuis une trentaine d'années, a lui trouvé un moyen de ce protéger. Il est aussi médecin et a toujours tenu à garder son cabinet. "Je n'ai jamais considéré cet engagement politique comme une profession, explique Dominique Notte. J'en avais une et je l'ai toujours privilégiée, même si elle a parfois dû être adaptée."

Un frein à l'engagement

Pour la chercheuse en sciences politique à l'ULB, Aurélie Tibbaut, cette réalité peut dissuader des élus d'accepter un mandat: "le turn over est important dans les collègues communaux. C'est rare que des échevins fassent plusieurs législatures ou en tous les cas, ce n'est pas à l'infini. C'est évidemment un frein de laisser tomber sa clientèle ou de mettre de côté sa carrière, avec l'évolution salariale et de postes qui va avec) pour se consacrer totalement à la vie politique locale".    

Cumul or not cumul?

A Bruxelles, contrairement à la Flandre, aucune indemnité de sortie n'est prévue pour les échevins en fin de mandat. Pour Aurélie Tibbaut, ça mérite réflexion: "c'est presque une question idéologique, est-ce qu'un échevin doit être à temps plein. On peut décider que non, et dès lors on permet de cumuler avec un mandat politique ou une fonction professionnelle. On peut décider que oui, on doit alors réfléchir à garder ces postes attractifs. Donc à une indemnité de sortie ou à d'autres éléments pour garder des gens qui ont envie d'assumer cette fonction dans un exécutif local".

 

 

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