Eglise Sainte-Marie: Schaerbeek et Saint-Josse vont devoir combler le déficit de 200.000 euros

L'église Sainte-Marie, place de la Reine, à Schaerbeek.
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L'église Sainte-Marie, place de la Reine, à Schaerbeek. - © GOOGLE

Près de 200.000 euros! 198.931,17 euros précisément. C'est le montant du déficit cumulé de la Fabrique d'église Sainte-Marie, qui gère l'église du même nom, place de la Reine à Schaerbeek. Un trou conséquent, jamais atteint, que vont devoir désormais combler, comme le prévoit la loi, les autorités de Schaerbeek et Saint-Josse-ten-Noode puisque la paroisse s'étend sur ces communes. La facture a été transmise récemment et fait grincer des dents.

Schaerbeek par exemple, qui doit supporter 54% de la note, est toujours dans une situation financière fragile. Dégager 107.000 euros pour un lieu dont elle n'a pas la gestion pose question, au nom de la séparation entre église (les églises) et Etat. Mais la loi est la loi, même si certains édiles bruxellois ont déjà émis le souhait de la changer. "Le déficit qui a été présenté est composé en partie de récupérations. En clair, environ 140.000 euros liés à des déficits d'années précédentes qui n'ont pas été comblés par les communes", se rappelle l'ancien échevin des Cultes de Schaerbeek, Etienne Noël (Libéraux schaerbeekois), qui a géré le dossier jusqu'en décembre dernier. "Un fonds lié à l'évêché a pu payer une série de factures, en attendant." Mais aujourd'hui, c'est aux communes de casquer. "Ce n'est pas un choix, c'est la loi!"

Louer pour des expos, des concerts

Le déficit de Sainte-Marie s'explique de plusieurs manières. Tout d'abord, par la nature des dépenses de la Fabrique. Sainte-Marie, c'est un bâtiment imposant, l'un des plus grands en Région bruxelloise. Un gouffre en terme de consommation d'énergie et de police d'assurance. L'église a également creusé son déficit en réalisant des travaux au cours de ces deux dernières années à son installation de chauffage et dans la mise en conformité de son système de protection contre la foudre.

Comme nombre d'églises, Sainte-Marie est également désertée par les fidèles traditionnels même si d'autres communautés religieuses (venant des pays de l'Est) tentent de relancer l'activité. Pour faire rentrer des sous dans les caisses, les communes proposent ainsi des pistes structurelles. Comme la possibilité de louer l'édifice dans le cadre d'activités culturelles (expos, concerts). Autre possibilité: l'argent des oboles lors des messes. Schaerbeek souhaite que ces collectes servent prioritairement au budget de la Fabrique d'église et pas dans des actions de solidarité. 

Sadik Köksal (Libéraux schaerbeekois), l'actuel échevin schaerbeekois des Cultes, rappelle que si d'autres églises à Schaerbeek sont capables de présenter un budget positif, cela doit être possible pour Sainte-Marie. "Le collège m'invite en tant qu'échevin des Cultes à rencontrer les responsables de la Fabrique d'église afin de pouvoir définir un plan financier pluriannuel qui permette à l'église de revenir à l'équilibre. Je vais donc les rencontrer dans les prochaines semaines. Il faut rappeler que l'église est en déficit structurel. Les recettes propres de l'église ne suffisent pas à couvrir ses dépenses. Seuls 6% de ces dépenses sont générés par la fabrique. Notre intervention communale reste donc indispensable pour que l'église puisse assurer la continuité des services liés au culte."  

Saint-Josse assumera ses obligations

Emir Kir (PS), le bourgmestre de Saint-Josse, en charge des Cultes déclare que "la commune assumera ses obligations envers la Fabrique d'église. Saint-Josse respectera ses engagements. Nous espérons tous un nouvel envol pour cette église pour que celle-ci puisse redémarrer autrement." Pour lui, l'église doit également se diversifier afin de s'assurer des rentrées financières propres.

L'intervention financière des communes doit encore obtenir l'aval de la Région bruxelloise. 

 

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