Eghezée : des riverains se fédèrent contre un projet immobilier de 235 logements à Aische-en-Refail

En juin 2018, on apprenait que l’ancien camping d’Aische-en-Refail et son manoir étaient revendus au promoteur immobilier Vincent Riga (Virimmo), résidant Liernu, et déjà propriétaire du restaurant de Sang-Hoon Degeimbre "L’air du temps".

Si on savait déjà qu’un réaménagement du camping n’était pas dans ses plans, le promoteur a enfin dévoilé son projet pour les 18 hectares du site : il s’agit de la création d’un quartier mixte de 235 logements, avec environ 130 maisons et 10 immeubles à appartements. "Le projet prévoit aussi une maison de repos, une crèche et une résidence-service", détaille Vincent Riga. "Nous souhaitons également réhabiliter le château en centre de séminaire ou de coworking, avec une bonne brasserie." Le promoteur, qui prévoit un phasage en 3 étapes, veut un projet "homogène", qui établirait une relation avec le village d’Aische. De nouvelles voiries et espaces publics seraient également construits, ainsi qu’une station d’épuration. Le projet porte déjà un nom : "Les jardins de là-bas"

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Le nouveau quartier comporterait 235 logements © Tous droits réservés

La mobilité au cœur des débats

Comme le projet immobilier doit faire l’objet d’une étude d’incidence avant la demande de permis, il a été officiellement présenté aux riverains d’Aische-en-Refail, afin qu’ils puissent émettre leurs remarques. Certains réagissent positivement : le camping est toujours en zone de loisir, et aurait pu accueillir un parc aquatique, nous glissait un Aischois, plutôt rassuré. Mais d’autres se fédèrent contre. Principalement pour deux raisons : l’environnement et la mobilité. "Ici, nous sommes sur un couloir écologique qui passe entre Grand-Leez et Noville-sur-Mehaigne", explique Catherine Leclerc, porte-parole du groupe Sauvons Aische, suivi par plus de deux cents personnes sur Facebook, mais qui mobilise un noyau dur d’environ 15 riverains. "Concernant la mobilité, qui dit 235 logements dit une quantité de voitures non négligeable en plus, qui sortent en rentrent dans le domaine tous les jours." Avec des craintes aussi concernant les abords des commerces et des écoles. Pour les opposants, ce projet "pharaonique" ressemble définitivement à un "village dans le village", qui endommagera l’environnement, le paysage et le patrimoine rural de Aische.

Un bon projet, selon la Commune

Certains riverains du groupe ont aussi le sentiment que le débat est déjà plié en percevant l’enthousiasme du collège communal face au projet. Crainte justifiée ? "Ce n’est pas que nous sommes séduits, mais le projet a une belle démarche", explique le bourgmestre d’Eghezée, Rudy Delhaise. "Le promoteur connaît le village et s’est fait accompagner de personnes de qualité, qui peuvent faire en sorte que le projet ait une âme. Par exemple, il y a une réflexion sur le paysage. Et le château va être rénové, ce qui n’est pas nécessairement l’option la plus simple économiquement." Rudy Delhaise a par ailleurs déjà eu l’occasion de discuter avec le promoteur pour baliser certains éléments, comme les enjeux de mobilité, dont il reconnaît le caractère essentiel.

Si les riverains ont, comme le veut la procédure, fait parvenir leurs remarques par écrit au promoteur, pour qu’elles soient intégrées à l’étude d’incidence, le projet est loin d’être concrétisé. Le promoteur, qui se veut rassurant et affiche une attitude conciliante, n’attend pas les résultats de l’étude avant l’été. La demande de permis, qui devra probablement s’accompagner d’une requalification de la zone de loisir en SAR (site à réaménager), ne se fera probablement pas avant 2022, pour un début de construction, au mieux, en 2023.

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