"Eduquer plutôt qu'hospitaliser": le CHU Ambroise Paré ouvre sa clinique de l'insuffisance cardiaque

Une partie de l'équipe de la clinique
Une partie de l'équipe de la clinique - © S. Vandreck

Les maladies cardiovasculaires restent la cause n°1 des décès en Belgique et dans le monde. Parmi ces maladies, l’insuffisance cardiaque touche près de 200.000 patients belges. C’est une maladie chronique, évolutive, et dans la plupart des cas mortelle. Elle se caractérise par un affaiblissement du muscle cardiaque, qui ne parvient plus à assurer correctement sa fonction de pompe. "En général, on n’en guérit pas, la majorité des causes d’insuffisance cardiaque ne le sont pas et les patients continuent d’évoluer avec la maladie et d’en mourir", précise le Dr. Godelieve Van Heddegem, cardiologue.  Cette maladie peut être la conséquence d’un infarctus du myocarde, mais elle peut aussi avoir d’autres causes :  hypertension, prise de certains médicaments, virus, alcool, tabac… Les patients atteints d’insuffisance cardiaque se plaignent d’essoufflements, de prise de poids, de fatigue…

Un patient responsabilisé

L’insuffisance cardiaque pèse lourd dans le budget de la santé publique : entre 2 et 3%. Ce ne sont pas tellement les traitements qui coûtent cher, mais les hospitalisations multiples. "Or de nombreuses études montrent que le nombre d’hospitalisations diminuent de 20 à 30 % suite à un suivi dans une clinique d’insuffisance cardiaque. La mortalité diminue également", poursuit le médecin. D’où l’initiative de cette cardiologue et de ses collègues du CHU Ambroise Paré d’ouvrir une telle clinique, comme il s’en ouvre un peu partout dans le pays. On y invite le patient à se prendre lui-même en charge, en compagnie d’une équipe composée de cardiologues, diabétologues, néphrologues, mais aussi infirmières et diététiciennes. Dans ce centre de consultation, les patients apprennent à connaître leur maladie, à gérer leur traitement, à détecter les symptômes alarmants aussi. Ils sont coachés par une infirmière référente, Herinay Damy: "Par exemple, je leur dis de prendre leur poids tous les matins, et de me contacter à la moindre augmentation anormale".

15.000 nouveaux cas par an

Dès qu'ils ont une question, une inquiétude, les patients ne doivent donc pas attendre d'avoir un rendez-vous avec leur cardiologue. "Jusqu’ici, le suivi n’était pas toujours optimal : on ne sait pas voir toute sa patientèle tous les mois, on les voit plutôt tous les quatre mois, explique le Dr. Christophe Janssen, l’autre cardiologue qui coordonne la clinique. Avec une telle structure, on interagit plus facilement avec le patient et le médecin traitant, et dès qu’il y a des signes d’alerte, ils ont une personne de référence à contacter, et on peut s’arranger pour voir le patient plus vite si nécessaire". La clinique leur apprend aussi les bons comportements préventifs à adopter : suivre un régime adapté, pratiquer une activité physique qui lui convient… L’équipe reconnaît que les campagnes de prévention ("Manger 5 fruits et légumes par jour", "Bouger 30 minutes par jour"…) commencent à avoir des répercussions sur le nombre de patients atteints de maladies cardiovasculaires. Mais on compte malgré tout 15.000 nouveaux cas d’insuffisance cardiaque chaque année en Belgique: la diminution du nombre de décès par infarctus et le vieillissement de la population y sont pour quelque chose.

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