Ecole primaire à Anderlecht: des classes dans un "hangar", sans fenêtre et avec moisissure

Imaginez quatre classes de l'enseignement primaire, sans fenêtre, avec un toit de tôles ondulées, des souris de passage. Des classes qui ont des airs de hangar. C'est ce qui se passe à l'école fondamentale Léonardo Da Vinci à Anderlecht, depuis 2016. C'est une nouvelle école, créée il y a 4 ans. 
Aujourd'hui, les instituteurs sont à bout. La Fédération Wallonie-Bruxelles qui ne nous a pas permis de voir ces classes promet une solution provisoire pour juin prochain. 

Humidité, toit de tôles ondulées et souris de passage 

Sur une vidéo tournée à l'intérieur de l'école, on voit des classes très sombres, sans fenêtres mais avec un toit de tôles. Véronique Marlier est déléguée syndicale CGSP et enseigne dans l'une des ces classes: "dans l'une des classes, il pleut, il y a de l'humidité constante, cela fait beaucoup de bruit autour parce que ce ne sont que de simples parois. Dans des autres classes, il fait froid parce que c'est un mur de vitres, simple vitrage, dans l'autre, il n'y a pas de fenêtre. La quatrième est acceptable. Il faut aussi savoir que l'on a des petits locataires, on a beaucoup de souris". 
Le problème des cafards lui a été réglé il y a peu. Les sanitaires ne sont pas adaptés non plus. Cet environnement a des conséquences sur la santé des enseignants: "Il y a des collègues qui ont des problèmes de bronchite sinusite depuis plusieurs mois". 

Retards en cascade et faillite de l'entrepreneur 

La Fédération Wallonie-Bruxelles reconnaît que la situation est critique. Mais elle l'explique par le contexte particulier. C'est une nouvelle école, créée il y a quatre ans, partie de rien. Mathurin Smoos, directeur général des Infrastructures à la Fédération Wallonie-Bruxelles explique: "La décision d'ouvrir des classes supplémentaires a été faite avant que l'on ne dispose d'un bâtiment fonctionnel. Je rappelle quand même que l'on est dans un contexte où l'on essaie de rencontrer la poussée démographique sur Bruxelles. Donc on est dans une situation de flux tendu assez important. Dans cette école, comme dans d'autres, quand on doit accueillir de nouveaux élèves, on doit pousser les murs". 

La solution à long terme est de rénover l'ancien bâtiment qui longe l'école Leonardo Da Vinci, un ancien bâtiment d'une Haute école pour bandagistes. Mais il y a eu du retard dans le déménagement de cette section selon la Fédération Wallonie-Bruxelles et la faillite de l'entreprise chargée des travaux ont compliqué les choses. Une enveloppe de 2 millions d'euros est prévue pour cette rénovation. Les travaux doivent en principe commencer en février et se terminer en septembre 2020. 

Une solution provisoire en juin prochain 

Suite à un arrêt de travail des enseignants début janvier, une solution à court terme est sur les rails: déménager les classes dans des locaux du secondaire, dans la section technique mécanique (dans les locaux de classe techniques). Yannick Rolland est préfet de l'Athénée Royal Leonardo Da Vinci: "ce sont des locaux de classe normaux mais il faut les transformer et les adapter pour l'école fondamentale. Il y a un marché public qui a été lancé, nous espérons que ce soit fini pour le 15 juin au plus tard". 

Une éternité pour les enseignants et la centaine d'élèves. Fabrice Pinna, secrétaire permanent de la CSC-Enseignement ne décolère pas: "L'année prochaine, on parle de l'ouverture de deux classes, la situation est catastrophique. [...] Il faut arrêter de jouer avec la santé des enseignants et des élèves, que la Communauté Française et que la ministre Marie-Martine-Schyns viennent sur place nous rencontrer et que la ministre vienne voir l'école qu'elle a créée!".  

Les enseignants craignent aussi que les délais ne soient dépassés, étant donné l'ampleur des travaux.

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