Ecole de tambour de Nivelles: vingt ans de passion du folklore

Les élèves apprennent sur des "pads" avant de passer au vrai tambour
Les élèves apprennent sur des "pads" avant de passer au vrai tambour - © S. Vandreck

Dans une des salles de cours, Dylan et ses élèves de deuxième année répètent inlassablement les "ra" et les "fla", ces coups de baguette qui rythment un des airs incontournables des carnavals de la région: "l'avant-dinner", ou "avant-midi". La gestuelle des apprentis tamboureurs est de plus en plus assurée. Et, s'ils maitrisent suffisamment cet air qui accompagne les gilles dès l'aube, ils pourront peut-être accompagner l'un deux lors d'un prochain carnaval. C'est un des rêves d'Alexis, 12 ans: "Toute ma famille est dans le carnaval depuis que je suis petit. C'est ça qui m'a donné envie de jouer. J'espère un jour jouer dans une batterie et accompagner des gilles", confie-t-il. Franco, lui, a 49 ans, et souhaite participer au folklore au même titre que son épouse, membre d'une société folklorique à Nivelles. Il vient d'assister à son tout premier cours. "C'est gai, mais c'est difficile, reconnaît-il. Il va falloir beaucoup d'entrainement, mais je m'y attendais".

Nous étions les petits comiques du Brabant wallon

Les carnavals de gilles, c'est une tradition de Binche et de quasiment toute la région du Centre. Mais ce folklore a légèrement dépassé les frontières du Hainaut et les Nivellois l'ont adopté depuis plus d'un siècle. Pourtant, il y a vingt ans, quand Didier Gruslin et ses compères ont ouvert cette école de tambour à Nivelles, ils n'ont pas été pris très au sérieux par les tamboureurs du Centre. "Nous étions les petits comiques du Brabant wallon, se souvient-il. C'est vrai que ce folklore n'est pas issu de notre région, mais le folklore binchois est apprécié et respecté ici à Nivelles". L'école met d'ailleurs l'accent sur le respect de ce folklore. "Quand on est folklore, on l'est de A à Z. Respecter le folklore, c'est respecter le gille, la partition, c'est aussi avoir un beau gille devant soi. C'est pour cela que cette année, nous proposons des ateliers pour apprendre à bien bosser les gilles", poursuit-il. Aujourd'hui, sa plus grande fierté, c'est quand des chefs de batterie choisissent des élèves pour intégrer ces groupes de tamboureurs. "Cela fait déjà plaisir de voir que notre travail est reconnu et apprécié par eux. Certains d'entre eux viennent même régulièrement à l'école voir l'évolution des élèves", se réjouit le président.

Grosse caisse, cuivres et éveil musical

Aujourd'hui l'école ne forme pas que des tamboureurs. D'autres instruments, tels que la grosse caisse et tous les instruments à vent du carnaval se sont ajouté à l'offre de formations. Les touts-petits sont même accueillis pour des cours d'éveil musical où Catherine leur apprend le rythme, les sons, et la manière de se déplacer dans l'espace en musique. "On voit dès les premiers cours que certains d'entre eux ont déjà ça dans le sang", constate-t-elle. Plus tard aussi, quand ils prennent les baguettes en main, les professeurs repèrent immédiatement ceux qui vont persévérer. "C'est une activité dans laquelle il faut mettre du sien, même en dehors des cours, explique David, qui enseigne aux débutants. Il faut jouer à la maison. Et les élèves qui ne jouent qu'ici le samedi, ça se repère tout de suite". L'équipe voit d'ailleurs le tambour comme un instrument à part entière, qu'il faut travailler au même titre que le violon ou le piano. "Quand on voit les gens qui jouent au carnaval avec une certaine facilité, c'est parce qu'ils ont énormément d'heures de pratique derrière eux, rappelle Didier Gruslin. Le tambour, c'est un instrument comme un autre, qui demande beaucoup de travail, d'application et de concentration". L'école forme une quarantaine d'élèves chaque année.

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