École à domicile à cause du coronavirus: "C'est aussi une opportunité de gagner en autonomie pour les élèves"

Depuis une semaine, l'école se fait à la maison
Depuis une semaine, l'école se fait à la maison - © PIxabay

Depuis lundi dernier, les écoles ont suspendu leurs cours et les élèves continuent leur apprentissage à la maison, via des travaux donnés vendredi en classe par les enseignants ou par mail ou via des plateformes spécifiques pendant toute la période de confinement. Les modalités ont été balisées par une circulaire de la ministre de l'Enseignement.

Comme ses collègues, Sophie De Beck, professeure de français au Collège des Hayeffes à Mont-Saint-Guibert, s'est donc mise en mode "Smartschool" avec ses élèves de quatrième, cinquième et rhéto.

"On a la chance de vivre au 21 siècle, avec des facilités technologiques et communicationnelles. Quand un élève a du mal a se procurer un document, par exemple, on peut le demander à la communauté. Comme on privilégie l'action collective et solidaire via les réseaux sociaux, le problème est vite résolu", commente-t-elle.

Des élèves de rhéto inquiets

Apprendre à distance, sans enseignant à proximité pour guider, accompagner, c'est nouveau pour les élèves.

Clara est en rhéto et un peu frileuse à l'idée de se retrouver seule face à son écran: "C'est assez perturbant parce qu'on se retrouve face à des chapitres qu'on n'a encore jamais vus et sur lesquels on doit travailler seuls. Ce n'est pas facile, mais on a quand même la chance de pouvoir communiquer par différentes plateformes et de garder un contact entre nous pour s'aider", reconnait-elle.

Jeanne, élève dans la même classe, est assez inquiète: "Je vais faire de mon mieux pour apprendre toute seule, mais le fait de ne pas du tout avoir de cours, pour de la matière déjà compliquée même quand on a un prof en face de soi, ça m'inquiète vraiment beaucoup", confie la jeune fille.

La plupart des rhétos sont un peu démoralisés : leur voyage a été annulé, de nombreux projets tombent à l'eau, et ils se posent beaucoup de questions à propos du CESS et de leur diplôme à la fin de l'année.

Jeanne, quant à elle, se prépare aussi à passer l'examen d'entrée en médecine. "Jusqu'ici je suivais des cours tous les samedis à l'Université de Namur, explique-t-elle. Maintenant, les professeurs mettent en ligne la matière et on peut leur poser les questions par mail", un peu comme pour ses cours de rhéto actuellement.

Même si les échéances pour la reprise des cours sont encore une grande inconnue, la rhétoricienne est sûre de devoir mettre les bouchées doubles dès que les cours reprendront à l'école. 

Rebooster la confiance en soi

Sophie De Beck, elle, est convaincue que, même si les élèves n'apprendront pas toute la matière prévue au programme pendant cette période de confinement, ils s'enrichiront d'une autre manière. "Ce qu'ils vont perdre au niveau matière, ils vont le gagner en méthode de travail, en organisation, en autonomie, qui seront des outils très utiles pour l'avenir, quel que soit leur choix à la fin de la rhéto, rassure l'enseignante. Ce n'est plus 'Vous avez une interro de vocabulaire à préparer pour vendredi' mais 'À vous d'organiser votre travail pour connaître la matière d'ici la fin de l'année'. Parvenir à maintenir un contact avec la matière, se dire qu'on peut réussir autrement qu'à travers la salle de classe et le rapport professeur-élève, ça peut rebooster leur confiance en eux et leur estime d'eux-mêmes. Dans ce cas, leur réussite sera surtout personnelle".


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La professeure espère retrouver à la rentrée des élèves qui auront gagné en maturité. C'est un fameux pari qui leur est lancé, même si l'idée est de ne laisser aucun élève sur le carreau à l'issue de cette période de confinement.

 

Dans le Tournaisis, une initiative est mise en place entre les professeurs et la télévision locale, No Télé (reportage dans notre 13h)

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