Ebola : les pompiers se préparent à prendre en charge des malades

En attendant de recevoir une tenue adaptée aux cas présumés d'Ebola, les ambulanciers devront s'équiper des tenues utilisées pour les interventions chimiques, comme celles-ci.
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En attendant de recevoir une tenue adaptée aux cas présumés d'Ebola, les ambulanciers devront s'équiper des tenues utilisées pour les interventions chimiques, comme celles-ci. - © JEAN-PIERRE MULLER - BELGAIMAGE

Les services d’urgence peuvent être confrontés à des cas, avérés ou non, d’Ebola, lors du transport de patients en ambulance, notamment. Le SPF Santé Publique doit bientôt leur communiquer la procédure officielle à suivre. Mais face à l'inquiétude du personnel, certains ont pris les devants en prévoyant des formations, pour assurer un maximum de précautions. C'est le cas, par exemple, chez les pompiers de Mons.

Les ambulanciers sont les premiers concernés par ces mesures. Lors de la formation qu’ils ont reçue c dernièrement, ils ont tout d’abord appris à détecter s'ils ont affaire ou non à un cas présumé d'Ebola. Un protocole de quatre questions a été élaboré à leur intention : le patient fait-t-il une température supérieure à 38,5 degrés ? A-t-il séjourné dans un des pays à risques pendant les 21 derniers jours ? A-t-il eu là-bas un comportement « à risque » ? Présente-t-il des symptômes comparables à ceux de la grippe ? Dans l’affirmative, les ambulanciers ont peut-être affaire à un cas d’Ebola. Ils doivent adapter leur attitude vis-à-vis du patient et s’équiper en conséquence, avec des tenues les plus étanches possibles, pour éviter toute contamination. «On n’a pas encore reçu toutes les recommandations au niveau du SPF Santé Publique. Elles ne devraient pas tarder, mais en attendant, on a opté pour une tenue qui assure une protection optimale, même si elle peut paraître excessive», explique le Dr. Frank Van Trimpont, médecin officier du service incendie de Mons. Les ambulanciers confrontés à un cas présumé d’Ebola devront en effet enfiler le même type de tenue qu’en cas d’intervention chimique. Des tenues plus spécifiques ont par ailleurs été commandées. Le transport du patient se fera en ambulance vidée de tout son équipement, pour pouvoir la désinfecter plus facilement par la suite.

Les hôpitaux se préparent aussi

Le patient sera dans un premier temps amené dans l’hôpital le plus proche, pour un diagnostic plus affiné, avant un renvoi éventuel vers un des trois hôpitaux adaptés pour l’accueil des patients atteints d’Ebola. Les hôpitaux et leur personnel ont eux aussi dû s’adapter: «Comme l’ambulance, la pièce d’accueil a été vidée de son équipement médical habituel, poursuit le médecin. Tout matériel qui a été en contact avec le patient doit être désinfecté ou même jeté». Le personnel des urgences a lui aussi été formé. Ainsi, ce mardi, médecins et infirmiers du service des urgences de l'hôpital d'Hornu apprennent à enfiler et à retirer coorectement la tenue de protection. Mais il faut aussi gérer l'après: enlever la tenue de protection sans se contaminer, désinfecter cette tenue et le matériel utilisé. Le personnel fera aussi l’objet d’un suivi médical, en fonction de l’évolution du cas pris en charge. Ces procédures ont été élaborées par la zone en attendant les consignes plus officielles. Elles peuvent paraître excessives, mais le service veut faire courir le moins de risque possible à son personnel. «Je crois qu’on se doit en tant qu’employeur de protéger ses travailleurs face à toutes les situations qui peuvent arriver, fussent-elles peu probables», précise Rudy Milhomme, le commandant des pompiers de Mons.

Stéphanie Vandreck

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