Eben-Emael: 75 brebis en transhumance pour un projet de gestion de la réserve naturelle

75 brebis en transhumance
75 brebis en transhumance - © rtbf

Renouer avec les transhumances des moutons d'antan pour impliquer les villageois dans un projet agricole alternatif, c'était la volonté de Muriel et Francis ce mercredi. Leurs 75 brebis ont quitté les réserves naturelles de la Montagne Saint-Pierre pour les étables de Glons, en traversant les villages de la Basse-Meuse. Une première depuis plus d'un siècle.

Pour le commun des mortels, parler de transhumance des brebis, c'est parler de la montagne, des alpages et des plaines en France notamment. Mais des moutons, il y en a chez nous aussi et pas uniquement en élevage intensif. C'est le cas dans la région de la Basse-Meuse où Muriel et Francis Krauth, artistes devenus fermiers, gèrent la ferme Bio Rosa Canina.

Leurs brebis, ils les font paître sur un site exceptionnel: les 40 hectares de réserve naturelle près de la Montagne Saint-Pierre. Ce site Natura 2000, ce sont des pelouses calcaires où l'on trouve une flore et une faune particulières pour la région. Ces hectares, ils doivent être entretenus et en été, c'est le rôle des brebis de Muriel et Francis: " Le troupeau participe à la gestion du site. Les brebis mangent les feuilles de ronces notamment. Grâce aux brebis, on évite la re-forestation du site qui serait dramatique pour toute cette flore. On a commencé avec 30 brebis, maintenant le troupeau en compte 200. D'habitude, la transhumance se fait souvent par bétaillères, avec des tracteurs, mais on a choisi à l'avenir de privilégier la transhumance d'antan, à pied, à travers les villages. C'est aussi une façon d'associer les villageois à ce qui se fait dans ces réserves naturelles, de les sensibiliser à notre projet."

Étable polyvalente, centre pédagogique et didactique

Grâce à Natagora (l'organisation de défense de la nature), une première bergerie a été construite mais le projet n'en reste pas là. L'objectif est de construire une étable polyvalente qui abriterait aussi des poules pondeuses et quelques porcelets particuliers, des visites pédagogiques et didactiques pourraient y être organisées.

A cela, s'ajouterait une salle de découpe aux normes mais aussi un point de vente pour promouvoir tout ce qui est autour du mouton allant de la viande, au lait de brebis en passant par la peau et la laine. Le nerf de la guerre, c'est l'argent et pour financer la suite du projet, Muriel et Francis ont lancé le financement participatif. "On peut notamment adopter un mouton", ajoute Francis,"une forme de crowdfunding agricole".

Ce mercredi, villageois et enfants de l'école d'Eben-Emael ont aidé Muriel, Francis et leurs chiens de troupeaux à encadrer cette transhumance de plus de 14 kilomètres entre Eben Emael et Glons.

Françoise Dubois