Eaux usées dans la Senne: les raisons de l'absence de réaction des autorités

Peu d'endroits à Bruxelles ressemblent à cet îlot. Avec ses hangars et ses bureaux, il n'y a jamais eu du tout de raccordement aux collecteurs d'égouts, il faut donc en créer de toute pièce. Et avec une difficulté technique, inhabituelle et couteuse: l'îlot est enclavé entre le canal et la Senne. Pour rejoindre un collecteur il faut construire une canalisation au-dessus ou en dessous de ces voies d'eau.

Voilà pour les freins liés à la localisation. Mais ajoutons-y des complications toutes bruxelloises : le nombre d'acteurs qui ont un mot à dire sur ce chantier... Ville, Région, le fonds fédéral Beliris, l'intercommunale Hydrobru, et chacun y a vraisemblablement une part de responsabilité.

La Ville et la Région ont accordé les permis d'urbanisme et d'environnement sans broncher pour cette histoire d'égouts. Et l'intercommunale Hydrobru, qui gère les égouts, n'a pas réalisé les travaux le temps que pousse tout un quartier. Elle évoque l'indécision des autorités.

Et puis, les projets pour les terrains voisins d'Up-site ont changé plusieurs fois, et sans savoir si ce seront des bureaux ou des logements, difficile de déterminer la taille des canalisations à placer.

Chacun se renvoie la balle, et il en est peut-être ainsi depuis cinq ans. En fait, depuis que les plans d'urbanisme locaux, le PPAS, mentionne ok pour du logement le long du canal tant qu'on adapte les égouts.

Promis, c'est pour 2014, dit aujourd'hui Hydrobru et la ministre Huytebroeck. Mais à ce moment-là, le quartier devrait avoir accueilli tous ses occupants (2500 personnes) et la réglementation bruxelloise sur l'épuration de l'eau aura été bafouée une année, voire plus. 

Myriam Baele

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