DuoDay ou comment créer des liens entre entreprises et handicap

L’ONA (Œuvre Nationale des Aveugles) participe à la 3ème édition du DuoDay, organisé par l’AWIPH (L'Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées) et PHARE (Personne Handicapée Autonomie Recherché). Une journée permettant aux personnes handicapées de travailler au sein d’une entreprise et de découvrir une profession. L’ONA a ainsi permis à 5 personnes de participer à cette journée.

En Belgique, 15% des personnes en âge de travailler sont en situation de handicap. C'est plus d'une personne sur sept. Or, moins de la moitié d'entre elles (entre 35 et 40%) ont un emploi.

Les entreprises sont encore frileuses à l'idée d'embaucher ceux qui sortent de leurs études et qui sont malvoyants, malentendants, ou ont des difficultés motrices. C'est pour lever les freins de l'intégration socio-professionnelle qu'a lieu aujourd'hui le Duoday : en Belgique, 500 entreprises (dont une vingtaine à Bruxelles)prennent en stage des jeunes sortis des études.

Francesco veut devenir interprète: " Je suis italien à la base, je parle anglais espagnol, français, allemand et czech. " Francesco est aveugle. Aujourd'hui, il poussera la porte de l’entreprise Solvay: "Ca va être un stage au bureau 'exportation', donc je vais gérer les commandes et contacter les clients."

Passer du diplôme au monde du travail est compliqué pour tous les jeunes. Ceux qui vivent un handicap cumulent les difficultés. Il y a une confusion entre handicap et compétence, d’après Marie-Laure Jonet (de l'asbl Diversicom): "On plaque l’étiquette du handicap sur l’étiquette de la non performance ou de la déficience."

Pourtant, nombreux sont ceux qui présentent de larges compétences : "Ce qu’ils ont en plus, ce sont des qualités qu’ils ont développées du fait de ce handicap: énormément de volonté, des facultés sensorielles par exemple plus développés... On a par exemple beaucoup d’étudiants aveugles qui ont une mémoire extraordinaire, parce qu’ils ont présenté tous leurs examens en n’ayant pas la possibilité de lire nos syllabus. Bien souvent, ces personnes cumulent des diplômes parce qu’ils ont peur de passer à l’étape suivante."

Francesco, lui, termine ses études. Il espère rapidement trouver un emploi: "J’espère quand-même de travailler comme traducteur ou bien utiliser les langues quand je serais chez Solvay."

Hélène Maquet

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