Du funiculaire au téléphérique : à l'assaut de la Citadelle de Namur depuis plus d'un siècle

Du Funiculaire au téléphérique : 5 moyens de transport à travers le temps
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Du Funiculaire au téléphérique : 5 moyens de transport à travers le temps - © Collection J. Marchal

Avec l’inauguration, samedi du nouveau téléphérique de Namur, une exposition débute à Terra Nova. Elle est consacrée aux différents moyens de transport mis en œuvre pour relier Namur à sa Citadelle, à travers le temps.

La Citadelle de Namur est un domaine militaire jusqu’en 1891. Jusque-là, il existe seulement deux chemins d’accès : par le chemin de ronde et par Salzinne. Mais à la fin du 19e siècle, la forteresse change de fonction. Au sommet, un Grand Hôtel est érigé sur le site de l’actuel Château de Namur. Cet établissement, incendié en 1914, ouvre la voie à l’activité touristique.

A l’origine, le Funiculaire

Dès la démilitarisation du site, des sentiers sont tracés pour permettre aux Namurois de rejoindre le sommet du Citadelle. La route Merveilleuse, qui relie le bord de Meuse au Stade des jeux, n’existe pas encore.

Pour acheminer les clients du Grand Hôtel, en 1898, un industriel, Michel Thonar, imagine un funiculaire, au départ de La Plante.

"Il a été très peu exploité, moins de 15 ans", précise Jacky Marchal, historien local. "En fait les clients débarquaient du train, place de la Station. Ils étaient emmenés en calèche jusqu’au pied du funiculaire. Et de là, ils montaient jusqu’au sommet à bord de deux wagons sur rails."

La construction de la route merveilleuse en 1904 va changer la donne. Le funiculaire sera mis à l’arrêt en 1911, moins de quinze ans après sa mise en service.

Le tram 7 et ses tunnels

"Avec le tram à vapeur, le trajet est simplifié", remarque Jacky Marchal. "Dès 1901, les voyageurs sortaient de la gare, ils prenaient le tram qui les conduisait directement à la porte du Grand Hôtel, via Salzinne." Rapidement, le tram supplante le funiculaire.

En 1909, le réseau du tram est électrifié. Son parcours est allongé pour former une boucle qui emprunte la nouvelle route d’accès, côté Meuse.

"La création d’une voie de tram sur la route merveilleuse n’est pas simple", précise Jacky Marchal. "Comme cette route comporte plusieurs épingles à cheveux, il a fallu percer des tunnels dans la colline pour élargir l’angle des virages."

Mais la guerre 14-18 retarde les travaux. La boucle complète de ligne 7 ne sera mise en service qu’en 1923 pour une durée de trente ans, entrecoupée par la seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, les tunnels existent toujours. Deux d’entre eux sont actuellement exploités, comme lieu de stockage, par le caviste Graffé-Lecoq.

Le flop des autobus

Au début des années 50, un circuit d’autobus a pour vocation de remplacer les trams. Cette fois encore, le lacet de la route merveilleuse doit être adapté au passage des véhicules. Les virages sont élargis. Mais le succès n’est pas au rendez-vous.

"Les trams étaient équipés de baladeuses, des voitures ouvertes qui, avec le passage des tunnels, offraient aux touristes, une expérience bien plus originale. Le circuit des autobus est donc très vite abandonné", souligne ce passionné de l’histoire de la Citadelle.

Les "œufs" mythiques du premier téléphérique

En 1957, Namur inaugure son premier téléphérique, initié par les frères Dulière : "Mon père et son frère ont conçu et financé le téléphérique intégralement, sans subside", précise Pol-André Dulière, le fils de l’ancien exploitant.

Les touristes embarquent place Pied du château, juste en face de l’actuel Parlement wallon. A bord de cabines en forme d’œuf, les touristes rejoignent le Belvédère en longeant le versant Meuse.

"C’est une infrastructure à cabines multiples et à débit variable. Très rapide s’il y a de l’affluence et très lent si la fréquentation est faible. La vitesse du câble ne change pas mais c’est le nombre de cabines qui varie. Il y en avait 62", se souvient Pol-André Dulière.

Ce téléphérique connaîtra une longévité exceptionnelle mais aussi un succès populaire. Nombreux sont les Namurois qui disposent, dans leur album photos, du célèbre cliché pris à l’arrivée.

En 1997, un rocher menace de s’effondrer. La station inférieure est victime d’un incendie et les cabines ne répondent plus aux normes de sécurité. Le téléphérique est alors définitivement arrêté, après 40 ans de bons et loyaux services.

Le téléphérique de "La belle montagne"

Le téléphérique de 2021 n’a plus vraiment la même vocation que celui de 1957. Exploité par la société vosgienne "La belle Montagne", il s’inscrit davantage dans la philosophie des stations de ski où opère l’entreprise française. La modernité des deux stations d’embarquement et son parcours express (quatre minutes) ont d’avantage pour objectif de conduire les touristes à la citadelle, le plus rapidement possible.

Contrairement à l’ancienne mouture, l’attraction véhiculera les passagers uniquement sur le versant Sambre. Mais il a l’avantage de rallier directement le centre historique de la capitale wallonne.

La Ville envisage aussi d’étendre son exploitation pour un usage orienté vers le public namurois. En septembre, une phase test de six mois va débuter. Elle doit permettre aux usagers d’emprunter le téléphérique pour rejoindre ou quitter la ville, en dehors des horaires touristiques.

Namur: phase de tests du téléphérique (JT 14/04/2021)

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