Du foot aux pandas en passant par les avions: itinéraire d'un Cloquet gâté

"Sur le plan professionnel, j’ai besoin de nouvelles aventures." Cette petite phrase est lâchée par Jean-Jacques Cloquet, au journal Le Soir, au coeur de l'été. La perte de son titre d'administrateur-délégué, due à l'entrée en vigueur du décret wallon "gouvernance", l'ulcère, il ne le cache pas. Deux petits mois plus tard, c'est officiel, Jean-Jacques Cloquet quitte l'aéroport de Charleroi pour rejoindre Eric Domb et Pairi Daiza où il occupera l'un des trois postes de CEO, en charge plus particulièrement des divisions opérationnelle et commerciale. Une prise de choix pour le fondateur de Pairi Daiza : "Son expertise et son talent, qui ont permis à l’aéroport de Charleroi de devenir en quelques années un acteur incontournable du transport aérien en Belgique et en Europe, sont d’incroyables atouts pour Pairi Daiza, à l’aune des développements attendus ces prochaines années." A 58 ans, Jean-Jacques Cloquet entame l'un des derniers chapitres de sa vie professionnelle. Une existence déjà bien remplie.

Le footeux ingénieur

Ce Louviérois d'origine tape dans un ballon de foot depuis tout petit, dans la rue. Pétri de talent, il est repéré par le Sporting de Charleroi, et à 17 ans à peine, il joue une finale de Coupe de Belgique, perdue face à Beveren. Les Zèbres finiront pas descendre en division 2, avant de remonter en D1 5 ans plus tard. Epoque où le solide défenseur Cloquet quitte le club pour retourner à La Louvière. Non sans un diplôme d'ingénieur civil obtenu aux facultés polytechniques de Mons, en 1983.

Après Solvay, la consécration aéronautique

Au crépuscule de sa carrière footballistique, Jean-Jacques Cloquet est engagé par Solvay. Il y passera 20 ans avant de tout lâcher pour raisons familiales. Le voilà qu'il trimbale sa grande carcasse de petits jobs en petits jobs - "J’avais beau être ingénieur civil, avoir fait un MBA, j’ai mendié des boulots. Je prenais tout ce qui passait. On m’aurait dit 'tu vas aller tondre des pelouses', je l’aurais faitconfie-t-il au Soir - avant d’atterrir à l'aéroport de Charleroi, en 2008. 2 ans plus tard, il en prend les commandes. Sous sa houlette, la fréquentation progresse de moitié, passant de 5,2 millions de passagers en 2010, à 7,7 millions en 2017. Le Louviérois quitte Charleroi Airport sur un bilan très impressionnant : les vols intercontinentaux ont démarré, vers l'Asie, le projet d'allongement de la piste est sur les rails, les soucis avec la Commission européenne font partie du passé. Reste la dépendance à Ryanair, qui reste problématique...

L'avenir

Au micro de la RTBF (l'interview intégrale est disponible ci-dessus), le futur CEO de Pairi Daizi ne s'en cache pas : "C'était une décision difficile [de quitter l'aéroport]. Je dois penser à moi, à ma famille. C'est aussi une bonne chose pour l'aéroport, peut-être qu'il y aura un nouveau dynamisme." A celles et ceux qui pensent que Cloquet s'en va parce que ça sent le roussi pour Charleroi, compte tenu du climat actuel, la réponse est directe : "Plus il y a des problèmes, mieux je m'amuse. (...) Je ne suis pas un gars qui fuit, autrement je n'aurais pas fait ma carrière de footballeur au Sporting de Charleroi [allusion à la descente en D2 du club en 1980, le joueur Cloquet avait décidé de rester]."

L'avenir, l'homme de 58 ans le voit brillant : "C'est un très beau challenge, un parc que j'adore, plein de potentialités. (...) Ma modeste expérience va permettre d'aider à développer ce super projet hennuyer et wallon". L'homme trace un parallèle entre Charleroi Airport et Pairi Daiza : "L'aéroport a permis à tout le monde de voyager, Pairi Daizi permet aussi à tout le monde de voir le monde des animaux".

Jean-Jacques Cloquet intégrera Pairi Daiza début 2019. Le temps que Charleroi trouve un successeur à son patron.

Jean-Jacques Cloquet : l'interview en intégralité

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