Du confinement "miracle" au déconfinement qui terrifie, l’effet pervers du syndrome de la cabane

Avec la perspective de plus en plus concrète d'un retour à la vie normale, si elle réjouit la plupart d’entre nous, cela peut aussi être vécu comme une source d’anxiété. Avec le confinement, certains ont en effet développé une phobie sociale. L'idée de revoir du monde les terrifie, eux qui se sont enfermés dans un isolement qu’on appelle parfois le "syndrome de la cabane".

Tétanisée, un sentiment d’étouffement

Rues bondées, supermarchés, terrasses… tous ces sons, toutes ces sensations de foule, Brigitte ne les supporte plus. "Tout à coup, j’avais le cœur qui s’emballait. C’est comme un sentiment d’étouffement. Je me mets à pleurer... vraiment, vous ne pouvez plus bouger, vous êtes tétanisé."

Pourtant, Brigitte était on ne peut plus sociable. Mais depuis un an et demi, elle s’isole de tout. Plus de sorties dans les lieux fréquentés, plus de rendez-vous avec ses amis. Bien qu’elle soit maintenant vaccinée, la peur est irrationnelle.

"J’ai l’impression d’être un peu en dehors de la société, d’être un peu écartée, par ma faute, évidemment, mais c’est un sentiment d’exclusion."

Une bénédiction, le confinement ? Plutôt un "cadeau empoisonné"

Des patients comme Brigitte, le docteur Pierre Oswald en voit défiler au fur et à mesure qu’on déconfine. 30% de consultations de plus qu’avant la pandémie. Pour ces patients, paradoxalement, le confinement était plus que confortable.

"Pour certains, le confinement a été vécu comme un petit miracle : je ne dois plus faire d’efforts. C’est évidemment un cadeau empoisonné, puisqu’en effet, pendant un certain temps, ça permet de cristalliser ce processus d’évitement qui est le leur, mais petit à petit, cet évitement devient quasiment la règle."

Et malheureusement, plus le confinement est long, plus ce syndrome de la cabane est ancré et plus il est difficile d’en sortir.

Déconfinement en Belgique: JT 06/06/2021

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