Doucheflux milite pour instaurer un centre sanitaire à Bruxelles

Il est difficile de prendre une douche quand on vit dans la rue à Bruxelles
Il est difficile de prendre une douche quand on vit dans la rue à Bruxelles - © Belga

L’acte de se laver peut paraître anodin mais pourtant, à Bruxelles, tout le monde n’y a pas accès. Une association, Doucheflux, milite pour l'hygiène pour tous. Cette ASBL existe depuis l'an dernier et voudrait obtenir un bâtiment pouvant abriter consignes, douches, lavoir et toilettes pour les sans-abri bruxellois. L'idée c'est qu'une autorité mette un bien à disposition et que Doucheflux le transforme en centre sanitaire sous forme de coopérative.

Frédéric et Pierre-Emmanuel confirment qu'il est difficile de prendre une douche quand on vit dans la rue à Bruxelles. ''En fait, c’est une vraie catastrophe. On se lave dans les toilettes de Saint-Pierre parce qu’il n’existe aucune autre infrastructure et celle qui existe et bien c’est la loi du plus fort qui y est en vigueur. Il suffit qu’on soit un peu plus faible dans sa tête, ou un peu plus fragile et on n’a pas place. On se débrouille donc dans des toilettes publiques pour quand même essayer de garder un minimum de dignité. Même dans la rue, il y a une société dans la société et c’est fort pénible à vivre.’’

Stéphane, le responsable du projet belge de médecins du monde, le déplore également : ''Une des pathologies les plus rencontrées lors de nos consultations médicales sont les problèmes dermatologiques. La gale est sans doute le problème le plus connu. Il y a une véritable problématique d’accès à des douches au niveau de la Région bruxelloise. L’offre est vraiment trop faible.''

Avec Doucheflux, Laurent d'Ursel lance donc un véritable appel : ''Nous lançons un grand appel mais tout le monde se renvoie la balle. Quand on insiste beaucoup, on arrive, parfois mais pas toujours à obtenir des rendez-vous et chacun prétend être impuissant. Il suffirait d’une volonté politique et le problème est résolu en 24 heures.’’

Laurent d'Ursel à l'origine de l'initiative ajoute: ''L'objectif principal est de trouver ou recevoir un bâtiment que l’état nous confierait et qu’on rénoverait à nos frais. Dans ce bâtiment, il y aurait deux types de choses : d’abord, 30 douches, 200 consignes et un grand salon lavoir pour pallier un manque que l’on a observé dans le secteur de la pauvreté à Bruxelles. Et en plus de ça, il y aurait des activités inédites, dynamisantes et qui prennent très au sérieux ce qu’on entend souvent dans la bouche des plus précaires qu’ils soient sans papiers ou sans abri, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas que des machines à chier, à pisser, à boire, à manger et à essayer de dormir, ce qu’ils n’arrivent même pas à faire. Ils ont aussi un cerveau, ils ont des projets, ils ont également besoin de reprendre confiance en eux. Ils ont des capacités qui ne demandent qu’à s’exprimer. Ce bâtiment sera donc un lieu pour remplir ce manque-là.’’

Betty Cleeren

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