Dossier Wesphael: la détention préventive en débat à la Cité Miroir

Dossier Wesphael: la détention préventive en débat à la Cité Miroir
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Dossier Wesphael: la détention préventive en débat à la Cité Miroir - © FS

La "Cité Miroir", à Liège, a abrité ce jeudi soir une conférence-débat intitulée "détention préventive, détention punitive". L'initiative en revient à un groupe d'amis de Bernard Wesphael, un groupe constitué sur les réseaux sociaux. L'ex député wallon est accusé de l'assassinat de son épouse Véronique Pirotton. Au total, 150 personnes ont participé à cette conférence, et parmi elles, des mandataires politiques.

Des parlementaires comme Christine Defraigne ou Marc Boland ont expliqué comment ils ont été amenés à "valider" le mandat d'arrêt à charge de l'ex député wallon: "Avec le recul, on peut toujours tout refaire évidemment" explique Marc Boland. "C'est clair qu'on a dû agir rapidement puisqu'en plus, nous étions autour de la notion de flagrant délit, indépendamment de toutes les pressions, notamment médiatiques. Quand on est dans une institution, il faut remplir le rôle qui est prévu par les institutions le mieux possible".

Parmi les conférenciers, l'ancien procureur Michel Bourlet. Sans se prononcer sur le fond, il avoue ne pas comprendre pourquoi les experts et les contre-experts, qui disculpent largement le suspect, n'ont pas encore été confrontés: "Au fur et à mesure que le temps passe et que les devoirs complémentaires sont déposés dans le dossier, on se fait une idée beaucoup plus juste que le premier jour fatalement. Mais ce que je ne comprends pas, c'est qu'on en est à huit mois de détention préventive et qu'un devoir qui paraît vraiment primordial dans la manifestation de la vérité n'ait pas encore été exécuté par la juge d'instruction".

Alors, un abus de détention préventive? Un, peut-être, parmi d'autres. Comme l'a rappelé l'avocat pénaliste Marc Nève, pour élargir le propos, dans les prisons belges, quatre détenus sur dix n'ont pas été jugés. Une évidence s'impose après cette soirée: dans le dossier Wesphael, refuser la libération de l'intéressé parce qu'elle risquerait de heurter l'opinion publique, ça a de moins en moins de sens.

A noter que l'avocat de la famille de Véronique Pirotton n'était pas présent à la conférence organisée à la Cité Miroir. Mais dès jeudi, nous avons sollicité son avis quant à son organisation.

Sans porter de jugement a priori sur le contenu des échanges, Philippe Moureau nous a confié que l'initiative émanant d'un groupe de soutien à Bernard Wesphael est bien légitime, même si on s'attend plutôt, a-t-il précisé, à ce que ce type de groupe se constitue du côté des victimes.

Il nous a encore dit trouver cet événement particulier car on a l'air, a dit l'avocat, de remettre en cause des décisions judiciaires prises de façon univoque depuis 7 mois.

Michel Gretry et Jacques Crémers

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