Dinant: le béton pour restaurer la collégiale après la guerre, un choix lourd de conséquences

Des travaux de restauration: la collégiale Notre-Dame de Dinant en a connu plusieurs depuis sa construction au XIIIe siècle. Comme la cathédrale parisienne, elle a aussi subi un incendie... mais dans un contexte de guerre. C'était en 1914. Les Allemands mettent la ville à sac. Le clocher prend feu. Parmi les dégâts, la collégiale gothique est décapitée de son bulbe si caractéristique.

Bulbe ou pas bulbe ? 

Il y eut alors des projets, des hésitations... et finalement la décision de reconstruire la partie supérieure de l'église en bois... et en béton! L'édifice sera totalement restauré en 1932. Et si l'on grimpe les 150 marches de l'escalier en colimaçon, on peut observer la combinaison de ces matériaux. "Ce qui importait à l’époque, c’est l’apparence extérieure, explique Christian Pacco, président de la fabrique d'église. Il s'agissait de reconstruire le bulbe à l’identique, quelques soient les structures intérieures."

Sous le bulbe charpenté en bois, le choix du béton assure la solidité, mais pèse également davantage sur cet édifice en pierre calcaire que son ancienne version. "Les architectes chargés de la restauration en ont également profité pour ajouter une série d'éléments décoratifs qui font XIIIe siècle, mais qui n'avaient jamais existé à Dinant." Arc-boutants, contreforts, pinacles à crochets ou à fleurons...

Une église surchargée

Ajoutez à cela une autre restauration qui date du XIXe siècle où l'on a surchargé les deux porches... et vous obtenez de sérieux problèmes de stabilité. "Car les fondations, elles, n'étaient pas faites pour un tel poids."

Côté place, le porche, bardé d’échafaudages, montre d'évidents signes de fatigue. Il sera prochainement restauré. Mais ça ne règlera pas tout. "Côté falaise, le mur penche de 20 centimètres vers l'extérieur." Des vérifications sont programmées afin de déterminer si cette inclinaison évolue ou non et quelles sont les mesures à prendre.

Autre exemple d'une restauration d'après-guerre : la collégiale de Nivelles

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