Dilemme pour les familles musulmanes : les corps des défunts ne peuvent plus être rapatriés au Maroc

Depuis la suspension du trafic aérien, comment respecter la volonté d'un défunt musulman qui souhaitait être inhumé au Maroc?
Depuis la suspension du trafic aérien, comment respecter la volonté d'un défunt musulman qui souhaitait être inhumé au Maroc? - © Tous droits résevés

C’est l’une des conséquences de la suspension des vols vers certaines destinations. Les corps des défunts qui avaient souhaité être enterrés au Maroc, ne peuvent plus être rapatriés. Ce qui place les familles devant un dilemme. Faut-il inhumer leurs proches au cimetière multiconfessionnel de Bruxelles ou tenter à tout prix de respecter les souhaits du défunt ?

Un déchirement que Ludo Beckers, directeur du cimetière multiconfessionnel de Bruxelles, constate depuis quelques jours. Certaines familles souhaiteraient une inhumation temporaire afin de rapatrier le corps un peu plus tard, lorsque les mesures de confinement seront assouplies. D’autres espèrent maintenir le corps à la morgue pour éviter de devoir l’exhumer dans quelques semaines. Mais cela ne sera sans doute pas possible si le nombre de décès liés au coronavirus augmente encore.

"Le cimetière s’efforce depuis plusieurs années de gagner la confiance des familles et nous pensons y être parvenus mais là, nous sommes devant une situation inédite" poursuit Ludo Beckers. Nous pourrions peut-être proposer une inhumation provisoire, peu profonde et dans un cercueil en zinc (indispensable pour le rapatriement). D’autres cimetières multiconfessionnels, comme celui d’Anvers, réfléchissent aussi à trouver des solutions qui respectent toutes les sensibilités.

Une situation exceptionnelle où le bon sens prévaut

De son côté, l’Exécutif des Musulmans de Belgique avait, dès le 16 mars déjà, recommandé aux familles endeuillées de privilégier l’inhumation en Belgique, dans une des parcelles des cimetières réservées aux musulmans. Elles-ci existent dans de nombreuses villes et répondent entièrement aux prescrits religieux. Quant aux engagements pris pour respecter les dernières volontés des défunts, ils sont respectables et bien compréhensibles, nous précise encore l’EMB, mais les circonstances sont exceptionnelles et imposent de faire preuve de bon sens.

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