Dialogue de sourds entre échevine et représentants des profs du secondaire à Bruxelles

L'Institut de Mot-Couvreur près de la Place Sainte-Catherine où le premier arrêt de travail des profs du secondaire est prévu
L'Institut de Mot-Couvreur près de la Place Sainte-Catherine où le premier arrêt de travail des profs du secondaire est prévu - © Google Street View

Des profs vont arrêter le travail une heure lundi à l'Institut de Mot-Couvreur, une école secondaire de la ville de Bruxelles. Tout cela pour protester contre la visite de l'échevine de l'enseignement.

La socialiste Faouzia Hariche doit venir présenter son nouveau programme d'enseignement pour les 6 ans à venir. Mais les syndicats de profs trouvent la démarche totalement déplacée. Le torchon brûle d'ailleurs entre les deux  camps.  

D'un côté, il y a le syndicat CGSP et Valérie Denayer qui estiment que le timing des ces visites de l'échevine est très mal choisi, juste après les élections communales et à quelques semaines d'autres élections à venir. D'autant que ces visites, les profs sont obligés d'y assister. "Ils sont outrés. Ils trouvent que c'est inapproprié que l'échevine vienne présenter maintenant le projet de la majorité communale de la Ville", dénonce Valérie Denayer.  

L'échevine Hariche qui réplique qu'elle-même ne sera pas candidate aux élections régionales et fédérales fin mai. Qu'elle n'est donc pas suspecte de faire campagne. Et qu'en plus, sa démarche d'aller dans les écoles n'est pas une première. "Je ne comprends pas", dit-elle. "Il y a six ans, après les élections communales, j'ai fait exactement la même chose. Une fois que le conseil communal avait avalisé les nouveaux projets de législature, j'avais aussi fait un tour des écoles pour le présenter".  

Groupe de travail fantôme ?

Deuxième argument des syndicats : depuis des mois, l'échevine n'écoute pas les réclamations des profs. "C'est le sentiment d'être des petits soldats qui vont devoir venir écouter l'échevine présenter son programme. Alors que ces profs, ils auraient préféré être entendus par l'échevine sur les problèmes que, eux, ont".

Des problèmes comme des classes surpeuplées avec parfois 30 élèves, mais aussi une pénurie grave de professeurs et un manque de moyens financiers. Ce à quoi l'échevine Hariche répond : "moi, j'ai proposé un groupe de travail. Ils n'ont pas désiré venir... Donc, voilà".  

Dialogue de sourds, jusqu'à quand ?

En lisant entre les lignes, on comprend qu'il s'agit donc aussi, et peut-être surtout, d'un conflit de personnes entre échevine et syndicats. D'ailleurs, quand on demande aux deux camps comment se passent les négociations, les réponses sont claires. "En fait, l'échevine ne parvient pas à dialoguer avec nous ", précise Valérie Denayer du syndicat CGSP.

Tandis que l'échevine Hariche répond "qu'elle veut bien dialoguer, mais qu'il faut avoir quelqu'un en face pour cela". Bref, un dialogue de sourd qui n'aidera sans doute pas à aplanir les tensions et empêcher les arrêts de travail prévus dans les jours à venir.

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