"Devoir de regard", jusqu'au 10 mai à Namur

Devoir de regard
Devoir de regard - © Amnesty International

"Devoir de regard", Ouvrir les yeux c’est déjà agir. 50 photos pour les 50 ans d’Amnesty International en 2011. Jusqu’au 10 mai à l’Espace Culturel "Quai 22", à Namur.

Rencontre avec Colin Gotovitch, le commissaire de l’exposition

C’est une exposition internationale, mais il n’y a pas que des photos de conflits dans des pays en guerre. C’est le droit à la liberté et aussi à la dignité ?

L’exposition a un historique clair. Amnesty France avait rassemblé 50 photos qui avaient marqué les 50 ans d’existence d’Amnesty en 2011. Donc une photo par an. Elle rend hommage au travail des photographes qui ont accompagné Amnesty. Ce sont eux qui personnifient le mieux nos combats contre les violations des droits humains., et on trouve également  des photos de SDF, et une photo qui évoque les violences conjugales.

Il y a des photos qui parlent d’hier, mais qui ont été faites récemment ?

Cette photo du camp de concentration que Pinochet avait établi en 1973, pour torturer les opposants chiliens a été faite récemment. C’est l’état dans lequel le centre se trouve aujourd’hui. Nous n’avons pas voulu rassembler les photos par thématiques, mais plutôt inviter à une réflexion. Les photos interpellent le présent, avec des ramifications vers le passé, alors que des situations comme l’Afrique du Sud ou le Kivu actuel, interpellent autant l’histoire que l’actualité. On ne fait pas un inventaire des horreurs, mais on essaie de donner de l’espoir, et on voit que les choses sont en perpétuel recommencement.

Ce qui est important aussi dans l’expo, c’est l’aspect esthétique. On voulait plaire. La qualité des photos est là pour offrir au visiteur de l’esthétique et des qualités artistiques.

A part cette photo dans la prison d’Abou Graib, qui a fait le tour du monde, et qui est la seule prise à partir d’un téléphone portable, les autres sont des mises en situation, qui donnent à réfléchir. La plus emblématique, est peut-être celle de cette femme qui vient d’enlever sa burqa dans une maternité, et qui a un sourire extraordinaire, en regardant son bébé. Elle rayonne, et pourtant le photographe nous a raconté qu’on entendait à l’extérieur, les bombes russes qui explosaient. Il y a avait un vacarme incroyable, et c’est ça aussi le témoignage des photographes.

Il y a une volonté pédagogique ?

Notre premier objectif ce sont les jeunes. C’est pour cette raison que le choix des photos ouvre au questionnement. Nous avons développé un parcours pédagogique avec une école normale et les jeunes abordent l’expo avec un dossier. Ils ont un document à préparer en classe, et cela les rend autonomes lors de la visite. Mais il y a un côté ludique, même s’ils sont souvent bouleversés. Nous avons une borne, ou chacun peut photographier son regard et donner son regard à Amnesty. Et il recevra une mosaïque de regards des participants.

L’expo voyagera dans 30 villes différentes ?

Amnesty International a 44 000 membres donateurs, qui sont constitués en groupes locaux. Des groupes qui prennent en charge des cas de prisonniers, qui rédigent des lettres… L’expo était aussi destinée à aller vers ces groupes, à valoriser leur travail et à leur permettre de toucher un maximum de personnes. Ensuite il y a les Conseils Communaux qui souhaitent recevoir l’exposition, puisqu’elle existe en plusieurs exemplaires. Et il y a eu au départ une cartographie des lieux qui recevraient l’expo. Namur est la deuxième destination, après Bruxelles qui a très bien fonctionné.

"Devoir de regard ", ouvrir les yeux, c’est déjà agir. Jusqu'au 10 mai, "Quai 22", rue du Séminaire à Namur.

Christine Pinchart

 

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