Deux incidents en deux jours sur le chantier RER à Waterloo : la faute à "pas de chance"?

Grosse agitation ce vendredi matin autour de la gare de Waterloo : vers 9 heures, une conduite de gaz a été heurtée lors de travaux de terrassement dans le cadre du chantier du futur RER. Un périmètre de sécurité a été rapidement mis en place, les habitants de ce périmètre ont été évacués et la circulation des trains de la ligne Bruxelles-Charleroi a été interrompue dans les deux sens entre Braine-l’Alleud et Linkebeek. Une navette de bus a été mise en place, le temps que les agents d’ORES, le gestionnaire du réseau de gaz et d’électricité, interviennent pour réparer la fuite et sécuriser les lieux. Deux heures plus tard, tout danger était écarté : les riverains ont pu regagner leur habitation et les trains circuler à nouveau.

Enormément d’impétrants

C’est le deuxième incident survenu en à peine deux jours sur ce chantier. Mercredi, c’est un câble de fibre optique qui a été arraché, privant plusieurs milliers de ménages d’internet. "On ne va pas banaliser ce type d’incident, mais ce n’est pas exceptionnel non plus. C’est propre à un environnement urbain où il y a énormément d’impétrants", commente Frédéric Sacré, le porte-parole d’Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire. Infrabel va à présent analyser en interne les causes de ces incidents et les diverses responsabilités. "Mais nous prenons un maximum de mesures au préalable pour éviter des incidents comme ceux-là", insiste encore son porte-parole. Cela commence par une identification et une localisation les plus précises possible de toutes les conduites et de tous les câbles qui traversent la zone où un chantier va démarrer.

Une concertation préalable indispensable

"Cela fait partie des travaux préliminaires d’un grand chantier comme celui du RER de connaître la localisation de tous les impétrants, leur profondeur et même d’en dévier certains. On a parfois malheureusement de mauvaises surprises, qui sont parfois imputables à nos équipes, vu que ce sont des travaux très lourds. Mais il arrive parfois aussi qu’on se trouve sur un impétrant qui n’avait pas été signalé, dont la présence était méconnue de nos équipes", précise encore Frédéric Sacré. "Toute personne qui commence un chantier doit obligatoirement demander les plans de ces impétrants", rappelle pour sa part Jean-Michel Braibant, le porte-parole d’ORES. Mais pour ce dernier, détenir les plans ne suffit pas. Il faut une vraie concertation entre l’auteur de projet et les gestionnaires des impétrants : "Ces réunions de coordination ont pour but d’échanger des informations sur la présence de ces conduites en sous-sol. Il n’existe pas encore de cartographie reprenant l’ensemble des impétrants présents dans le sous-sol. Mais se fier uniquement à cette cartographie pourrait être dangereux, dans la mesure où elle ne pourrait pas tenir compte de l’évolution de la situation des différents réseaux", nuance-t-il.

Des erreurs sont possibles

Certaines conduites peuvent en effet bouger, au fil des différents chantiers ou des mouvements de sol. Est-ce que c’est ce qui s’est passé ici ? Ou l’une des deux parties a-t-elle commis une erreur ? " Des erreurs sont effectivement possibles. L’incident qui s’est produit nécessite à présent des analyses de la part de toutes les parties prenantes, pour déterminer les causes et les éventuelles responsabilités", répond Jean-Michel Braibant. "On va devoir déterminer ce qui s’est passé : est-ce que nos équipes ont creusé trop profondément ou est-ce que les plans qui ont été mis à leur disposition ne renseignaient pas correctement la présence de cette conduite ou sa profondeur. Cela fait partie des leçons à tirer d’un tel incident, ajoute Frédéric Sacré. On ne peut que concéder qu’il y a eu une erreur. Cela ne doit pas se passer comme ça". Les incidents ne devraient cela dit pas occasionner de retards sur le calendrier du chantier du RER.

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