Deux ans pour le hub humanitaire et un rappel: "il faut une solution structurelle pour les migrants"

Le hub humanitaire: deux ans d'activités
2 images
Le hub humanitaire: deux ans d'activités - © Tous droits réservés

Un café, du wifi, une paire de chaussures, un bonnet, des soins de santé, des conseils juridiques. En deux ans, le hub humanitaire a pris en charge plus de 6000 personnes. Les 5 associations qui le portent ont voulu tirer le bilan et rappeler qu'elles attendent toujours une solution structurelle. 

"Un peu de dignité et de chaleur humaine tout d'abord"

A l'entrée du hub humanitaire, à deux pas de Tour et Taxis, elle attend l'ouverture du hub, emmitouflée dans une doudoune, un ticket rose à la main. Rose pour les femmes, bleu pour les hommes. Cette jeune Érythréenne est arrivée à Bruxelles il y a un mois et vient au hub tous les jours. "Pour un café, pour rester quelque part, avoir des vêtements, de l'eau, du wifi, appeler la famille aussi", sourit-elle. Ici, on vient chercher "un peu de dignité et de chaleur humaine d'abord", rajoute David Leclercq, le coordinateur du hub. Mais aussi répondre à des besoins très pratiques comme recevoir des vêtements, une brosse à dents. C'est aussi un service de première ligne pour les soins de santé: " tous problèmes de santé qui ne pourront pas être pris en charge ici le seront  à l'extérieur. L'assistante sociale fera le lien pour que l'accès à ces soins se fasse". Des conseils juridiques aussi. Des démarches pour rétablir le contact avec les membres de sa famille.

5 associations complémentaires 

En deux ans, les 5 associations qui portent le projet ont trouvé leur marque. Chacune apporte sa compétence, sa force aussi, "La Plateforme et ses bénévoles ont cette énergie citoyenne incroyable, il y a cette efficacité de Médecins Sans Frontières dans l'urgence. Le réseau, l'expertise de la Croix-Rouge, ce regard spécifique de SOS Jeunes, des volontaires un peu plus 'professionnels' c'est à dire sages femmes ou médecins chez Médecins du Monde", énumère David Leclercq. 

Bref, l'outil fonctionne. Le besoins existent. Souvent d'ailleurs, le hub doit refuser des personnes. Lui qui accueille de 200 à 250 personnes par jour, 4 jours par semaine. Le dispositif s'est affiné aussi au fil du temps. Aujourd'hui, de plus en plus de femmes s'y rendent. Elles représentent près de 20 % du public concerné selon les derniers chiffres du hub. SOS Jeunes est aussi venu se greffer au dispositif pour offrir une information spécifique aux mineurs. 

Une solution à l'intérieur du système d'accueil 

Deux ans d'expérience et le moment pour ces associations de rappeler qu'il faut une solution structurelle. Aujourd'hui, le hub tourne grâce à des fonds régionaux qui devraient être prolongés. Et il s'est installé dans un bâtiment prêté par le Port de Bruxelles. Le hub fonctionne donc. Mais sa place est selon Pierre Verbeeren de Médecins du Monde, à l'intérieur du système d'accueil: "Aujourd'hui, Fedasil directement ou la Croix-Rouge indirectement accueille les demandeurs d'asile une fois qu'il y a une demande d'asile. Cela représente plus ou moins 20.000 personnes par an. Et il y a 1000 personnes à la marge, il faudrait pouvoir les aider à choisir si elles demandent l'asile ou si elles partent dans un autre pays. Et c'est cette petite marge qu'il faudrait prendre en charge, en plus. Nous, nous ne pouvons pas le faire en dehors du système. Il faut que l'Office des étrangers, Fedasil, le système de santé, etc, soient dans le hub. Pour l'instant, nous sommes en substitution de ce système-là".

1000 personnes, autour de 800 à Bruxelles. Le hub souligne aussi que l'appel d'air redouté au début par les autorités -  si l'on mettait en place des services comme ceux du hub - ne s'est selon lui pas vérifié. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK