Désir d'enfant: pour les femmes homosexuelles françaises, la Belgique reste une terre d'accueil

Désir d'enfant: pour les femmes homosexuelles françaises, la Belgique reste une terre d'accueil
Désir d'enfant: pour les femmes homosexuelles françaises, la Belgique reste une terre d'accueil - © pixabay.com - widephish - CC0 Creative Commons

La PMA, procréation médicalement assistée. Trois lettres pour désigner l'assistance médicale mise en place pour permettre à des femmes d'avoir un enfant grâce à un don de sperme, anonyme ou semi-anonyme. La Belgique est considérée comme un pays pionnier en la matière. 18 hôpitaux sont agréés pour la PMA et il existe 16 banques d'ovocytes et de sperme.

Mais chez nos voisins français, la situation est bien différente. Outre-Quiévrain, la PMA est interdite. Plus exactement, elle n'est accordée qu'aux couples hétérosexuels dont l'infertilité a été médicalement reconnue. Des changements ont été promis par le gouvernement Macron mais ils tardent à se concrétiser. En attendant, pour les couples de femmes homosexuelles et pour les femmes seules, la Belgique reste donc une terre d'accueil appréciée. Nathalie (prénom d'emprunt) a fait ce choix.

Cette Lilloise et son épouse se sont adressées à un hôpital liégeois pour obtenir une PMA. "Il suffit de prendre rendez-vous, dans les faits c'est relativement facile mais psychologiquement ce n'est pas simple parce qu'on nous oblige à aller à l'étranger, on se sent rejetées dans son propre pays". L'équipe médicale belge a proposé au couple de passer les examens médicaux en France "là ça a commencé à bloquer" explique la jeune femme, "parce qu'en France il faut trouver des professionnels qui acceptent de nous accompagner, même si l'insémination se fait en Belgique, certains gynécologues français ont refusé de nous accompagner dans ce parcours".

A Tournai, au Chwapi, le Dr Elisabeth Anagnostou accueille chaque semaine des femmes désireuses de bénéficier d'une PMA, "un tiers environ sont des françaises" nous dit-elle. " Pour la plupart, ce sont des couples de femmes homosexuelles . "Des couples qui ont longuement mûri leur réflexion, ce sont des dames d'un niveau socio-économique moyen à élevé" décrit le médecin. Il faut dire que pour ces françaises, la PMA coûte cher. Nathalie nous le confirme: "Les aller-retour, les inséminations et tout le reste, l'ensemble revient environ à 5000 euros, ce qui constitue une injustice parce que ça exclut des personnes qui souhaiteraient avoir des enfants et qui n'en ont pas les moyens". Le Dr Anagnostou précise par ailleurs que le traitement ne garantit rien: "il n'aboutit pas toujours à une grossesse et même si on est enceinte, il y a toujours le risque de fausse couche".

Mais les choses bougent en France, le Comité d'éthique a remis un avis favorable en 2017. "Tout ça va prendre du temps, on y est pas encore, pour l'instant, on n'a que l'avis d'un comité..." commente Nathalie. Elle et son épouse n'attendront pas le changement de la loi dans leur pays, elles sont décidées à revenir en Belgique pour une seconde PMA. En attendant, elles redisent leur bonheur d'être mamans: "Ah oui, très heureuses d'avoir un petit garçon de treize mois qui bien sûr est magnifique. Très heureuses et la preuve, on va recommencer".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK