Descente de l'Afsca chez un potier à Bouffioulx: une rencontre entre deux mondes

Didier Lardinois ne s'attendait pas à recevoir la visite de l'Afsca.
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Didier Lardinois ne s'attendait pas à recevoir la visite de l'Afsca. - © RTBF - Pierre Wuidart

Il ne s’attendait pas à voir l’Afsca descendre dans son atelier. Didier Lardinois est potier à Bouffioulx. Rien à voir avec la sécurité de la chaîne alimentaire a priori… sauf qu’un de ses clients utilise des pots en grès pour vendre une spécialité culinaire, l’escavèche de Chimay.

Après avoir contrôlé le producteur du contenu… deux contrôleurs de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire débarque chez le fabricant de contenants. L’atelier a 200 ans et il fait son âge, explique le potier : "C’est une entreprise très vétuste. Et il y a plein de poussière. C’est normal, dans une poterie. Ils ont été un peu surpris". Ecoutez le reportage audio sur cette rencontre entre deux mondes.

De la laine de verre pend du plafond. Il y a des trous dans les murs. Un agent s’interroge sur la présence de souris. A-t-il placé des systèmes pour éviter leur présence ? Après un moment d’hésitation, Didier Lardinois répond : "J’en ai une douzaine au-dessus qui squattent mon atelier… Ce sont des chats".

La question de l’hygiène des lieux semble poser questions aux agents qui finalement rendront un rapport favorable. Notamment parce que le client du potier – qui présente de l’escavèche de Chimay dans des pots en grès – "respecte les procédures de son plan d’autocontrôle pour la gestion des emballages", précise-t-on du côté de l’Afsca.

1100 contenants analysés en 2018

Pour Jean-Sébastien Walhin, porte-parole de l’agence fédérale, l’inspection des contenants fait partie de la sécurité de la chaîne alimentaire, qu’ils soient en plastique ou en terre : "Tout ce qui arrive dans l’assiette du consommateur et même l’assiette en elle-même peut faire l’objet d’un contrôle". C’est ainsi qu’en 2018, l’Afsca a contrôlé 676 entreprises. Sur les 1100 échantillons d’emballages… 98,6% étaient conformes aux normes.

Dernièrement, des assiettes en provenance de Chine ont ainsi été recalées à la douane. Par contre, l’Afsca dit savoir faire la différence entre une grosse entreprise agroalimentaire et un petit atelier de poterie où l’activité liée à l’alimentation n’est que secondaire. "On ne demande pas la même hygiène chez un potier que dans l’atelier de découpe d’un boucher ou d’un poissonnier".

Denis Ducarme : "C’est la loi"

Contacté par rapport à ce dossier, le ministre de tutelle de l’Afsca, Denis Ducarme, soutient son administration. "C’est la loi. Quand on vend des pots qui contiennent ensuite des aliments, on doit s’assurer qu’il n’y a aucun risque pour le consommateur. Cela implique un certain nombre de règles à rencontrer".

Et parmi ses règles, le potier doit s’enregistrer auprès de l’Afsca. Et signaler par un autocollant que les pots conviennent pour les aliments.

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