Des voitures autorisées à rouler sur le piétonnier du centre-ville de Bruxelles (vidéo)

Des voitures roulent sur le piétonnier du centre-ville. La RTBF a pu le constater: des automobilistes empruntent le boulevard Anspach, entre la rue des Teinturiers vers la place Fontainas. Une centaine de mètres foulés par les pneus de véhicules à moteur, qui ont remplacé les piétons et les cyclistes au centre de la voirie. De quoi fâcher Ecolo-Groen, actuellement dans la majorité avec le PS et DéFi. Les Verts viennent de prendre connaissance du dossier.

Cette situation, apparue ces derniers jours, n'est pas une erreur! Le permis d'urbanisme a prévu de faire de cette partie du piétonnier - le plus grand d'Europe comme annoncé - une zone de rencontres entre différents modes de déplacement. "Avec le chantier du piétonnier qui se termine à différents endroits apparaissent les premières incohérences", reconnaît Bart Dhondt (Groen), échevin de la Mobilité et des Travaux publics depuis dix jours. "Ces voitures qui circulent entre la rue des Teinturiers et la place Fontainas sont un problème". Car rien ne laissait apparaître ce cas de figure, pas même l'animation-vidéo en 3D présentant le piétonnier dans sa version définitive. Aucune voiture ne circule entre les personnages animés et les cyclistes. Dans l'esprit de tous, la voiture n'y a pas droit de cité.

De plus, sur le piétonnier, les aménagements sont ou seront d'un même tenant, de bout en bout. Le revêtement au sol est identique et ne semble pas être fait pour la circulation automobile. 

Coulé dans le permis d'urbanisme

Ce "couac", pourtant coulé dans un permis et ayant été annoncé en juin 2016 par l'ancien bourgmestre Yvan Mayeur (PS) et l'ex-échevine de la Mobilité Els Ampe (Open VLD), n'est pas l'unique incohérence dans le cadre du piétonnier et du plan de circulation tout autour, selon Bart Dhondt. Mais c'est le plus gênant, politiquement et en terme de mobilité. "Cette situation a généré pas mal de réactions et de plaintes sur le terrain, de la part des riverains et des commerçants."

Beliris, l'accord de coopération Etat fédéral-Région, qui finance les travaux exécute le permis d'urbanisme. "Du coup, tout modifier ne peut pas s'improviser", insiste Bart Dhondt. "Modifier les conditions de circulation de cette partie du piétonnier aurait des incidences sur l'ensemble du plan de circulation dans le quartier. Par ailleurs, cela pourrait aussi avoir des conséquences juridiques vu l'existence d'un permis qui fixe cette situation.

Des mesures à l'étude 

Ces jours-ci, les services prendront donc le temps d'analyser la situation, d'effectuer des comptages... Objectif: aboutir à des propositions de scénarios afin de réduire le passage des voitures. "Les mesures que nous voulons mettre en place doivent privilégier, dans l'ordre: les piétons, les cyclistes, les transports en commun et enfin la voiture. Cette hiérarchie est très importante pour nous. Le but est aussi d'avoir plus de lisibilité sur qui a accès à quelles zones. Le tout se décidera en concertation avec le collège mais aussi les riverains et les commerçants."

Quand les solutions pourraient-elles être trouvées? Le collège ne se fixe pas de date butoir. Mais il pourrait déjà décider de mieux indiquer la présence de véhicules dans la portion concernée, afin d'éviter tout risque d'accident. "Le panneau indiquerait qu'il s'agit d'une zone piétonne sur laquelle les voitures peuvent circuler mais où les piétons et les cyclistes sont prioritaires. Il ne faut pas oublier que des enfants jouent aussi à cet endroit."

A noter que l'autorisation de passage des voitures n'ont rien à voir avec les travaux de réaménagement de la rue des Riches Claires

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