Des vestiges néolithiques sous les hêtres de la forêt de Soignes

Des vestiges neolithiques sous les hêtres de la forêt de Soignes
Des vestiges neolithiques sous les hêtres de la forêt de Soignes - © IBGE

L’œil du promeneur non-averti ne s'y attardera sans doute pas et pourtant tumuli, carrières et autres traces d'activités métallurgiques témoignent d'une présence humaine, au cœur de la forêt de Soignes, dès l'époque romaine.

Les vestiges les plus remarquables sont sans doute situés sur la commune de Watermael-Boitsfort, derrière le parc Tournay-Solvay. Sur ce site de neuf hectares, on trouve les traces d'une structure fortifiée datant au moins 5000 ans et aménagée par les premiers agriculteurs de nos régions.

A proximité immédiate de cette structure, on trouve aussi deux tumulus non-datés mais à proximité desquels, on a découvert, en 2009, une lame de silex, qu'un animal ou un mouvement de terrain aura fait remonter à la surface.

L'ensemble du site n'a pas subi de modifications majeures au cours des derniers millénaires. Au dix-neuvième siècle toutefois, la plantation de hêtres se généralise sur l'ensemble du massif forestier.

Ces hêtres ont désormais près de deux cents ans, et leur poids et leur taille menacent les vestiges archéologiques enfouis dans le sol. Au point que des mesures particulières de protection ont été décidées. Dès 2002, les deux sites ont été classés comme sites archéologiques par le gouvernement bruxellois : les travaux d'exploitation forestières comme l'arrachage de souche sont désormais interdits.

Plus récemment, des dizaines d'arbres ont du être abattus préventivement car ils menaçaient d'être déracinés lors d'une prochaine tempête.

Des fouilles dès la fin des années 60

Pour Jean-Christophe Prignon, responsable du département "Gestion Nature" chez Bruxelles-Environnement, ce site néolithique est remarquable et méritait d'être préservé.

Dès la fin des années 60, des fouilles ont été menées par l'archéologue François Hubert, elles ont permis de mettre à jour des restes de céramiques, des morceau de vases "tulipiformes", des objets en silex, lames, pointes de flèches.

Mais aujourd'hui, précise Jean-Christophe Prignon, il n'est absolument pas question de reprendre les fouilles : "Nous souhaitons seulement préserver le site pour les futures génération d'archéologues ou de chercheurs".

En attendant le site sera reboisé mais, cette fois, avec du chêne, moins sujet au déracinement.

 

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